© ville de Pantin 

Développement économique

Budget 2019

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Une gestion rigoureuse pour investir toujours plus

Dans un contexte national de plus en plus difficile pour les collectivités locales, Pantin tire les bénéfices d’une gestion saine et d’un désendettement continu. En 2019, la ville sera en capacité d’investir 42,5 millions d’euros et, entre 2018 et 2021, ce sont 185 millions d’euros qui auront été investis.
Dossier réalisé par Frédéric Fuzier, publié dans Canal n°275, janvier-février 2019.


Malgré la poursuite de la baisse des dotations de l’État, la ville augmente son niveau d’investissement avec 42,5 millions d’euros budgétés en 2019, contre 37 millions en 2018 et 33 millions en 2017. Pour continuer à améliorer le cadre de vie des Pantinois, la recette ne varie pas : maîtriser les dépenses de fonctionnement en contrôlant la masse salariale et en réalisant des économies sur les dépenses courantes, et ce, sans qu’aucun service public ne soit remis en cause.

Et la formule a fait ses preuves.
En 2008, la dette pantinoise s’élevait à 135 millions d’euros. Au 31 décembre 2018, son montant est de 89 millions d’euros. La ville s’est donc désendettée de 45 millions d’euros en 10 ans !  

Pantin est ainsi capable de rembourser ce qu’elle doit à très courte échéance (4,3 ans), alors que la moyenne au sein des villes du Grand Paris s’élève à 9,1 ans. De quoi mettre les banques en confiance et permettre à la commune d’emprunter à des taux très attractifs. Pour autant, sa capacité d’autofinancement, qui résulte de la différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement, lui donne la possibilité d’investir sans trop avoir recours à l’emprunt.

Mieux : comme l’a promis Bertrand Kern, le maire, la municipalité n’augmentera pas ses taux de taxe d’habitation et de taxe foncière d’ici à la fin du mandat – l’augmentation de 2014 ayant contribué à rétablir l’équilibre budgétaire de la ville mis à mal par les baisses successives des dotations de l’État : moins 33,4 millions d’euros entre 2013 et 2019.

Priorité propreté
Si le quartier des Quatre-Chemins reste la priorité territoriale avec 11,6 millions d’euros investis, notamment dans la résorption de l’habitat indigne et les grands travaux (parc Diderot, nouveau groupe scolaire, première phase de l’écoquartier...), la ville peut annoncer sereinement un budget 2019 qui s’articulera non plus autour de quatre grands axes, comme les années précédentes, mais autour de cinq.
À l’éducation et à la petite enfance, au développement durable et au sport, vient s’ajouter la propreté, grande cause de l’année qui s’ouvre.

Pour améliorer l’entretien de l’espace public, la municipalité a en effet décidé de renforcer les moyens humains sur l’ensemble de la ville, et notamment dans les secteurs du canal de l’Ourcq, de la rue Jean-Lolive, de la galerie Hoche (ex centre commercial Verpantin) et des Sept-Arpents.
En semaine comme le week-end, sept agents seront réaffectés à cette mission et de nouveaux véhicules à tuyau aspirant tourneront dans la ville.
Par ailleurs, en renfort de la prestation d’Est Ensemble, un camion municipal patrouillera quotidiennement pour ramasser les tas sauvages.

Ce plan propreté concerne également l’entretien du cimetière : deux nouveaux agents à temps plein s’en chargeront quatre jours par semaine.

Et la tranquilité publique ?
Même si elle n’apparaît plus dans les priorités, la tranquillité publique fait, cette année encore, l’objet d’un important effort financier, avec un budget de fonctionnement de 2,1 millions d’euros. Pour sanctionner les incivilités commises sur la voie publique grâce à la vidéo-verbalisation, 15 nouvelles caméras seront déployées, s’ajoutant aux 56 déjà connectées au centre de supervision urbaine. Un troisième chien spécialisé dans la détection des stupéfiants rejoindra bientôt la brigade cynophile installée en 2017. Enfin, les policiers municipaux pourront compter sur leur nouvel armement de catégorie B (pistolets tazer et flash-ball) pour assurer la sécurité des Pantinois.

INTERVIEW DE BERTRAND KERN, MAIRE DE PANTIN

" 2019 sera de nouveau un budget de résistance "

Malgré une nouvelle baisse des dotations de l’État, Bertrand Kern est déterminé à désendetter la ville pour maintenir un fort niveau d’investissement, notamment dans les domaines qu’il juge prioritaires. Il a accepté de nous expliquer l’esprit dans lequel le budget 2019 a été construit. Propos recueillis par Frédéric Fuzier.

Selon le contrat signé en juin entre la municipalité et l’État, les dotations ne devaient pas baisser cette année si la ville n’augmentait pas ses dépenses de fonctionnement de plus de 1,3 %. Qu’en est-il réellement ?
Bertrand Kern : C’était un marché de dupes. Nous avons respecté ce contrat mais, malgré tout, nous allons encore perdre près de 500 000 euros en 2019, après avoir perdu 400 000 euros en 2018. Depuis 2012, nous sommes passés de 9,4 millions d’euros de dotations à 1, 3 millions, soit une perte de 8 millions d’euros ! Notre contrat avec l’État court sur 3 ans, son renouvellement éventuel en 2021 risque d’être la source de négociations très tendues.
Emmanuel Macron ne pense qu’à la performance économique au détriment de la justice sociale. Mais ça ne marche pas ! Pour l’instant, il n’a fait que créer une nouvelle fracture entre les Français, symbolisée par le mouvement des gilets jaunes, ces gens qui ont tellement vu leur pouvoir d’achat baisser qu’ils n’en peuvent plus.

La suppression prochaine de la taxe d’habitation va-t-elle mettre un peu plus à mal les finances communales ?
B.K. : Non, car nous avons beaucoup anticipé les baisses de dotation. 2019 sera une fois de plus un budget de résistance, et ce, grâce à la bonne gestion de nos finances et à la maîtrise de nos dépenses de fonctionnement. Cela sans jamais rogner sur le service public. La poursuite de notre désendettement nous a permis d’économiser 4 millions d’euros d’intérêt sur la dette depuis 2009. Quant à notre autofinancement, il s’accroît car nos recettes augmentent légèrement plus que nos dépenses. Cela va nous permettre d’investir dans de nouveaux projets. Dans un récent rapport de la Cour des comptes, qui a analysé les finances d’une dizaine de villes considérées comme les plus pauvres de France, Pantin est celle qui s’en sort le mieux. C’est une satisfaction quand on sait que nous étions la troisième ville la plus endettée de France par habitant en 2001.

Non plus quatre, mais cinq priorités au menu de ce budget 2019, avec l’ajout de la propreté. Pourquoi ce choix ?
B.K. : Je suis un maire au contact du terrain et mes concitoyens me parlent du manque de propreté des rues. On déplore des comportements inciviques de plus en plus nombreux de la part d’une minorité de la population qui prend la rue pour une poubelle. Nous avons donc décidé d’augmenter nos moyens en déployant une nouvelle équipe d’agents en semaine et le week-end. Un camion va également tourner toute la journée pour aider à la collecte des tas de détritus. Des agents assermentés seront également autorisés à verbaliser.

Et quid des autres priorités ?
B.K. : L’éducation est dans l’ADN de la ville. Ainsi, nous construisons deux nouveaux groupes scolaires dans les quartiers du Port et des Quatre-Chemins et l’école Quatremaire, située aux Courtillières, va être agrandie. Concernant la petite enfance, nous étions à 18 % de taux d’accueil en crèche en 2008 et nous sommes aujourd’hui passés à 29 %. Notre ambition est de dépasser la barre des 30 % avant la fin du mandat.  
Le développement durable prend, pour sa part, davantage d’importance chaque année avec les multiples actions prévues dans le cadre du plan Climat air énergie territorial. Je pense notamment à l’augmentation de la surface des espaces verts ou encore au plan vélo prochainement adopté.
Enfin, nous avons lancé le grand chantier du stade Charles-Auray et le projet de construction d’une halle sportive dans le quartier du centre, déficitaire en termes d’équipements sportifs par rapport aux Courtillières ou aux Quatre-Chemins. 

Et la sécurité ?
B.K. : Nous sommes aujourd’hui arrivés à un niveau d’équipement suffisant. Cependant, la sécurité est toujours une préoccupation majeure : près de 60 caméras de video-protection ont été déployées sur la ville et nous prévoyons l’installation de 15 caméras supplémentaires pour qu’à la fin de l’année 2019, tous les grands axes soient couverts.

Quelques programmes ont pris du retard aux Quatre-Chemins, envisagez-vous un autre mandat pour achever tous les projets en cours ?
B.K. : 
Il arrive parfois qu’on ne maîtrise pas tout. La source de pollution découverte sur le terrain du futur parc Diderot doit impérativement être neutralisée et la construction du groupe scolaire va également prendre quelques mois de retard à cause d’un appel d’offres qui n’a pas abouti. Mais tout sera livré avant la fin 2020. Aujourd’hui, l’écoquartier prend son envol et l’on poursuit la résorption de l’habitat indigne avec 25 millions d’euros investis depuis 5 ans, et 35 supplémentaires prévus dans les cinq années à venir. Nous ne sommes qu’au début du chemin…
J’ai une passion pour Pantin, cette ville est toute ma vie et je ne suis pas lassé par ma fonction, bien au contraire. Cependant, c’est une implication personnelle tellement intense que ce n’est pas une décision à prendre à la légère. Les responsabilités sont immenses et les moyens mis à disposition de plus en plus réduits. En tout état de cause, je prendrai ma décision à la fin de l’année 2019.

Aux Quatre-Chemins, les grands moyens

En pleine mutation depuis quatre ans, le quartier des Quatre-Chemins est – et restera – la priorité territoriale du mandat. En 2019, la municipalité consacrera près de 12 millions d’euros à la poursuite de sa rénovation.

Sur une emprise de 45 hectares, située entre le quartier de la mairie et celui des Quatre-Chemins, les traits du futur écoquartier commencent à se dessiner. La municipalité vient en effet de signer avec SNCF immobilier le contrat d’achat du terrain – pour un montant de 2 millions d’euros – où sera implanté le futur collège Jean-Lolive. Desservi par une nouvelle voie, son ouverture est prévue à la rentrée 2021.

  • En ce début d’année, la rue Denis-Papin ouvre le bal du plan de réaménagement de plusieurs voies de la ville.
    Coût : 1,4 million d’euros.
     
  • En 2019, l’ouverture d’un nouveau square de proximité de 1000 m2, situé au centre de l’îlot Sainte-Marguerite, est également prévue.
    Coût : 425 000 euros.

 

Initialement prévue pour la rentrée 2019, l’ouverture du futur parc Diderot va prendre quelques mois de retard afin de dépolluer une petite parcelle de terrain. L’objectif est d’arriver à une ouverture en 2020.
Coût total de l’opération : 12 millions d’euros.  

 

  • À côté du parc Diderot, les cinq sheds de l’ancienne filature Cartier-Bresson vont être réhabilités pour accueillir un espace dédié à la petite enfance et une salle d’exposition. Début des travaux en juin 2019 et livraison programmée à l’été 2020.
    Coût total de l’opération : 1,5 million d’euros.
     
  • L’école élémentaire Diderot, comprenant 12 classes, un centre de loisirs et une salle de restauration commune à la maternelle également rénovée, ouvrira ses portes à la rentrée 2020.
    Coût total de l’opération : 10,4 millions d’euros.

 

  • En 2020, la crèche parentale Jolis Mômes s’installera au sein des anciens bains-douches municipaux totalement réhabilités par la ville, pour un montant de 1,1 million d’euros. Cette structure verra sa capacité d’accueil passer à 18 berceaux, contre 12 actuellement.
     
  • Avant l’ouverture en 2020 de l’antenne jeunesse du 40, rue Denis-Papin, qui abritera une micro-folie (un musée numérique où l’on pourra découvrir les chefs-d’œuvre de huit musées nationaux et profiter d’un fab lab), une structure provisoire s’installera dès 2019 dans l’actuelle antenne jeunesse.
    Coût total du projet : 3,6 millions  d’euros.

 

ZOOM SUR...
L'habitat insalubre
Alors que le premier programme de rénovation urbaine des Quatre-Chemins s’achève sur un bilan positif (271 logements démolis, 154 logements sociaux construits et un square bientôt inauguré), le nouveau programme de rénovation urbaine (NPRU) débute. Objectif d’ici à 2030 : démolir 155 logements pour en reconstruire 85.

Agir dans tous les quartiers

À chaque quartier de la ville, ses petits et grands investissements en 2019. Revue de détails.

  • Réhabilitation intérieure et extérieure de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. Les travaux de charpente et de couverture débuteront cette année.
    Coût total du projet : 5,2 millions d’euros.
     
  • Requalification des rues Meissonnier, Charles-Auray et Candale (chaussée, trottoirs, éclairage, pistes cyclables, plantations…).
    Coût : 1,4 million d’euros.  

 

  • Études pour la rénovation thermique de l’hôtel de ville (toiture et façade).
    Coût total du projet : 5,6 millions d’euros.
     
  • Résidentialisation de l’îlot 27 pour un montant de 500 000 euros et réfection des espaces verts (actuellement soumise à concertation, il n’est pas encore possible d’en estimer le coût).

 

 

  • Construction de 106 logements sociaux, de 700 m2 de commerces et d’un parking public souterrain de 120 places, rue Hoche.Participation de la ville pour l’ensemble de l’opération d’aménagement du centre-ville : 2,4 millions d’euros.
    Participation de la ville pour la construction du parking : 1,5 million d’euros.
     
  • Plusieurs opérations de réaménagement de l’espace public programmées : piétonisation du quai de l’Ourcq (900 000 euros), requalification de la rue de la Liberté (900 000 euros), réaménagement du square Vaucanson (300 000 euros) et pose de grilles autour du square du 19-mars-1962 (160 000 euros).

 

  • Démarrage des travaux de construction du futur espace culturel du quartier, comprenant une bibliothèque de 600 m2, une ludothèque de 200 m2, un espace diffusion de 150 places et un théâtre de verdure. Livraison prévue en mars 2020.
    Coût total du projet :  5,7 millions d’euros.
     
  • Extension de l’école Quatremaire avec la construction d’une salle de restauration et d’une salle de classe. Début des travaux en mars ou avril 2019 et livraison prévue en mars 2020.
    Coût total du projet : 1,8 million d’euros.
     
  • Participation à hauteur de 400 000 euros aux travaux de requalification de l’avenue Jean-Jaurès (ex-RN2) engagés par le département.

 

  • Ouverture pour l’année scolaire 2019-2020 d’une nouvelle école primaire comprenant 14 classes (6 maternelles et 8 élémentaires), un espace de restauration et un centre de loisirs.
    Coût : 12 millions d’euros.

 

  • Réhabilitation du stade Charles-Auray : nouvelle piste d’athlétisme, changement des pelouses, remplacement des équipements sportifs, couverture de deux courts de tennis et construction d’une halle sportive. Livraison prévue fin 2019 pour le stade et en 2021 pour la halle.
    Coût total du projet : 10 millions d’euros.
     
  • Requalification des rues Lépine et Jacquart.
    Coût : 3,4 millions d’euros.
     
  • Fin de la rénovation du parc Henri-Barbusse.  
    Coût : 150 000 euros.

 

ZOOM SUR…
Le budget participatif
201 projets déposés, 4 000 votants et 8 lauréats : après le succès de la première édition du budget participatif, ce dispositif est reconduit en 2019 avec une enveloppe financière identique : 500 000 euros pour la réalisation des projets choisis par les Pantinois.
Dépôt des candidatures pour la deuxième édition à partir du mois de mars 2019.