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Tranquillité publique

La brigade équestre, au service des citoyens

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Les chevaux adoucissent les mœurs urbaines

Le 1er  octobre, une brigade équestre est venue grossir les rangs de la police municipale. Si son rôle premier est, bien entendu, de maintenir la tranquillité publique, la création de cette unité a aussi pour vocation à renforcer les liens entre la population et les agents arborant l’uniforme. Reportage.
Article de Raphaële Kipen, publié dans Canal n°283, novembre 2019. 

Ce matin du mois d’octobre, trois des cinq agentes de surveillance de la voie publique (ASVP) composant la brigade montée de la ville sont présentes au centre équestre de La Villette pour s’occuper de leurs chevaux. Comme tous les jours de la semaine, elles passent du temps dans les boxes à panser les chevaux et à vérifier les éventuelles blessures. Les bêtes sont ensuite emmenées au manège pour une détente musculaire et des exercices spécifiques.
Dandy, Fakir et Amadeos sont des montures policières, éduquées pour cela. Les jeunes équidés – 9, 6 et 4 ans – viennent de passer un mois en formation à La Courneuve en compagnie de la brigade équestre de la police nationale de Seine-Saint-Denis. Là, Victoria, Marie, Gaëlle, Laura et Jessica, cavalières émérites ayant eu vent du poste par le biais de la Fédération française d’équitation, ont appris à connaître leurs montures et à parfaire leur stature de cavalières autant que de policières. Une formation qu’elles poursuivront tout au long de l’année. 

Conserver le lien avec les habitants
La création de la brigade équestre émane de la stratégie territoriale de tranquillité publique et de prévention de la délinquance. Si son objectif premier est évidemment de maintenir la tranquillité dans la ville, elle doit aussi permettre de reprendre contact avec les habitants et de créer de la citoyenneté. «  Les actions de police sont plutôt perçues comme des actions de sanction, détaille Alain Ananos, directeur général adjoint en charge de la citoyenneté et du développement de la personne. L’animal en ville permet de retravailler le contact humain. Il change le rapport à l’uniforme et permet de conserver du lien au travers d’une action essentielle, qui est d’assurer la tranquillité de chacun d’entre nous.  » Gaëlle acquiesce : «  J’avais un fort désir d’être dans l’action, mais aussi de protéger et de rassurer la population. Avec le cheval, c’est vrai que la notion d’apaisement existe.  »
Après le déjeuner, ces ASVP assermentées se penchent sur la carte de la ville afin de définir le gros de l’itinéraire à suivre. Il faut ensuite panser à nouveau les chevaux et les préparer pour la sortie en patrouille. En général, seulement deux chevaux se rendent en ville, tandis que le troisième est de repos. «  Les cavalières sont là pour faire respecter tous les arrêtés municipaux,précise Alain Ananos. Mais, jusqu’à Noël, leur travail va se situer dans la sensibilisation, la pédagogie et la rencontre avec le public. Ensuite, elles passeront à la verbalisation si besoin.  »

Une présence aux effets positifs
Et voilà la brigade partie du parc de La Villette pour une patrouille de quatre heures dans les rues pantinoises. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que le bruit des sabots sur le bitume intrigue. Surpris, les badauds cherchent immanquablement du regard la source de ce son à la fois familier et incongru. Certains s’arrêtent sur leur passage, sortent leurs téléphones pour immortaliser les montures et saluent les agentes respectueusement.
À 16  heures, lorsque la brigade arrive aux abords du groupe scolaire Joliot-Curie, elle décide de faire un arrêt et d’attendre la sortie des élèves. La sonnerie retentit et les enfants de tous âges se pressent pour caresser les chevaux. À cet instant, on prend conscience des effets positifs que produit la présence animale dans l’environnement urbain. «  C’est plus facile de parler avec les policiers à cheval qu’avec ceux qui sont en voiture et, en plus, on peut caresser les chevaux  », lance Aly, élève de CE2. Ousmane est pour sa part collégien. Il parle du respect que lui inspirent ces policiers-là : «  Il faut vraiment être très courageux pour monter sur de si grands chevaux.  »
Myriam Lebrun, directrice de l’école maternelle, a d’ailleurs déjà pris contact avec la brigade pour une rencontre au sein de son établissement : «  Les chevaux font toujours de l’effet sur les petits. Comme les enseignants de grande section sont dans un projet autour de l’écologie. J’y vois là une déclinaison intéressante pour les élèves.  »

ZOOM SUR… 

Un engrais de qualité

La ville a confié la fabrication de sacs à crottin à des artisans français. Ils seront placés sous la queue des chevaux et pourront recueillir un crottin, voire deux. Plusieurs lieux sont sur le point d’être aménagés afin de vider ces sacs dans des poubelles dédiées. La brigade est ouverte à toute proposition de partenariat pour récupérer les déjections, qui font d’excellents engrais naturels. 

Contact : 01 49 15 71 00 (police municipale).