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Citoyenneté

2020-2026 : un mandat au service des Pantinois

Jusqu’en décembre, Canal dresse les portraits des 16 adjoints au maire et 11 conseillers municipaux délégués, issus de la liste La gauche et l’écologie pour Pantin élue le 15 mars lors du premier tour des élections municipales.
Article de Guillaume Gesret, publié dans Canal n°289, septembre 2020.

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Nommés au terme du confinement, ils travaillent au sein de dix pôles thématiques et de six délégations transversales. Objectif de cette organisation de l’exécutif municipal : apporter de la cohérence et de l’efficacité dans chacune des politiques publiques qui seront conduites localement six ans durant.
Ce mois-ci, présentation de Mathieu Monot, le premier adjoint délégué au Développement urbain durable, aux Écoquartiers, à l’Innovation par la commande publique et à la Démocratie locale. Avec Jocelyne Chatron, conseillère municipale déléguée à la Co-construction et à l’Interpellation citoyenne, ils forment le pôle Développement urbain durable et démocratie participative dont le champ d’action se situe à la croisée des transitions urbaines, citoyennes et écologiques. Dans ce numéro également, rencontre avec les trois adjoints au maire en charge des quartiers. Des délégations nouvelles à Pantin.

 

Mathieu Monot : l’architecte des transitions

Mathieu Monot a reçu le goût de la politique en héritage. Tombé dans la marmite très jeune, avec un père adjoint au maire à Gonesse (Val-d’Oise), il s’engage au Parti socialiste à sa majorité. À 21 ans, l’étudiant en histoire devient un collaborateur de Claude Bartolone, alors député de la circonscription de Pantin. « Je venais de m’installer dans la ville pour me rapprocher de la Sorbonne où je suivais un master », se souvient-il. Quelques années plus tard, Mathieu Monot s’impose au poste de chef de cabinet de son mentor lorsque celui-ci se hisse au perchoir de l’Assemblée nationale.
En 2014, son engagement politique le conduit sans surprise dans l’équipe municipale de Bertrand Kern, autre proche de Claude Bartolone. Nommé adjoint au maire délégué à la Qualité de l’espace public et à la Démocratie locale, le jeune élu, alors âgé de 27 ans, envisage la politique à l’aune des transitions et entreprend de végétaliser l’espace public, de rénover les parcs, de promouvoir la place du vélo… Pour chaque projet, il prend soin d’associer les Pantinois aux prises de décision. La démocratie participative est un point cardinal pour Mathieu Monot et en aucun cas un gadget démagogique. Il participe ainsi au lancement des budgets participatifs de la ville, « avec un succès qui est allé au-delà de nos espérances », précise-t-il.

« Le pari d’une ville équilibrée »
À 33 ans, devenu papa, cadre d’une grande entreprise française et patron du PS en Seine-Saint-Denis, il repart pour un deuxième mandat aux côtés du maire de Pantin. Son portefeuille de premier adjoint délégué au Développement urbain durable, aux Écoquartiers, à l’Innovation par la commande publique et à la Démocratie locale le place au centre des enjeux. Trois interrogations lui servent de boussole pour déterminer les actions à mener : « En quoi nos politiques publiques sont-elles bonnes pour la planète ? Sont-elles accessibles à tous et sont-elles construites avec les habitants ? » C’est à travers ce « tamis » que Mathieu Monot va suivre de près les dossiers de l’écoquartier situé derrière la gare et des transformations des Quatre-Chemins et de la dalle de l’Îlot 27. « Ces mutations ne doivent pas se faire au détriment des populations modestes. Nous souhaitons que Pantin reste une ville populaire aux portes de Paris, nous n’avons pas vocation à être le Issy-les-Moulineaux du 93 où le prix du marché immobilier finit par chasser les habitants les plus humbles. C’est ainsi que nous tiendrons le pari d’une ville équilibrée », conclut-il.

Jocelyne Chatron : tout pour la démocratie participative

L’interpellation citoyenne, Jocelyne Chatron l’a pratiquée tous azimuts lorsqu’elle siégeait au conseil de quartier du Petit et du Haut-Pantin. « À mon arrivée dans cette ville il y a onze ans, raconte-t-elle, j’ai été tirée au sort et j’ai accepté de faire partie du conseil de quartier. Je n’ai pas cessé de solliciter les services et les élus pour faire avancer les projets. » Avec une poignée d’habitants, cette directrice de communication qui fait carrière dans le milieu hospitalier s’est mobilisée pour ouvrir un jardin partagé, proposer des cours de vélo pour adultes, exiger la propreté des rues, occuper les enfants qui ne partent pas en vacances… Elle, qui avait l’habitude jusque-là de s’investir pour de grandes causes humanistes, a pris goût à l’action locale. « Cette expérience très concrète m’a appris à monter des projets à l’échelle d’un quartier, à comprendre les rouages administratifs et politiques d’une commune », précise l’élue.

« Une attention particulière pour les invisibles »
Durant ses années d’engagement citoyen, Jocelyne Chatron s’est rapprochée du groupe Europe-Écologie-Les-Verts (EELV) qui l’a invitée à participer à la campagne municipale. À l’issue de celle-ci, cette femme de 60 ans a été pour la première fois de sa vie nommée conseillère municipale. Sa délégation, dédiée à la Co-construction et à l’Interpellation citoyenne, l’amène à travailler en étroite collaboration avec Mathieu Monot. « Nous nous engageons dans un projet de fabrique de la citoyenneté, dans la continuité des instances de démocratie participative déjà en place, explique-t-elle. J’aurai une attention particulière pour les “invisibles”, autrement dit les moins impliqués dans la vie de la cité mais aussi les plus fragilisés. »

Vincent Loiseau : artisan de la mixité sociale

Après avoir arpenté les Courtillières durant la campagne municipale, Vincent Loiseau devient adjoint au maire délégué à ce quartier et à ses habitants. Les Pantinois l’ont découvert en 2014 lorsqu’il a rejoint l’équipe municipale pour lutter contre les discriminations. Son expérience militante au sein du mouvement LGBTQI l’a conduit à installer la Semaine de l’égalité à Pantin dès l’année suivante et à structurer l’accompagnement des femmes victimes de violences. En 2016, Vincent Loiseau change de délégation pour prendre en charge la santé. « Afin d’éviter le désert médical annoncé à Pantin, l’action de la municipalité a consisté à attirer de jeunes médecins, à faciliter la création de maisons de santé et à aider à la mise en place d’un réseau des professionnels de santé à l’échelle de la commune », détaille-t-il.
À 43 ans, l’élu qui n’a rien perdu de l’énergie de ses premières heures au Parti socialiste, raconte : « À l’époque, Lionel Jospin venait de perdre au premier tour des présidentielles, je sortais de Sciences Po Rennes et j’entamais ma carrière professionnelle à Paris. » Lui qui a grandi au bord de l’océan Atlantique finit par larguer les amarres pour Pantin afin d’avoir une chambre supplémentaire, « comme beaucoup d’anciens Parisiens de la classe moyenne ». Devenu responsable administratif et financier de l’IUT de Bobigny, il travaille non loin des Courtillières.

« Développer les commerces de proximité »
Conscient des atouts des Courtillières, il y sera l’artisan de la mixité sociale. « De nouveaux logements en accession à la propriété vont être livrés dans les prochains mois, nous attendons 800 à 1000 nouveaux habitants, précise-t-il. L’enjeu sera de les intégrer à la vie de quartier. » Pour cela, l’élu insiste sur la présence des services publics à travers le centre municipal de santé, la Maison de quartier, les écoles et bientôt l’équipement culturel qui abritera une bibliothèque, une ludothèque et une salle de diffusion. Vincent Loiseau sait que les associations, notamment sportives, sont vecteurs de liens entre les habitants. « Pour améliorer la vie dans le quartier, il faut aussi développer les commerces de proximité et augmenter la fréquence des bus qui le desservent. »
Se définissant comme un élu de terrain, il va travailler en étroite collaboration avec les associations, les services municipaux et ses collègues élus afin de démêler et de régler les dysfonctionnements. « Aux Courtillières, j’ai envie de créer un lien solide avec les habitants. Je vais ouvrir une permanence pour rencontrer les Pantinois et régler les problèmes du quotidien », annonce-t-il.

Mélina Pelé : de l’international au local

 « Je me lance dans l’aventure, je n’ai rien de la professionnelle de la politique », annonce Mélina Pelé, dans un large sourire. C’est en devenant maman que l’urgence d’agir « concrètement et autrement » est devenu vitale pour elle. À 37 ans, Mélina Pelé s’engage donc dans l’équipe municipale au sein du groupe Europe-Écologie-Les-Verts (EELV) pour faire de Pantin une ville « exemplaire, résiliente, juste et solidaire ».
Avant de s’impliquer à l’échelle locale, cette ancienne élève de Sciences Po Strasbourg a débuté sa carrière au sein d’organisations internationales œuvrant pour le compte de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et de l’ONU. Elle y défendait les Droits de l’homme et la démocratisation au Kosovo puis en Guinée. En rentrant en France, elle rejoint l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) où elle est quotidiennement confrontée à l’émergence des réfugiés climatiques dont la situation ne relève pas – encore – du droit d’asile.  « Sans justice climatique, il n’y aura pas de paix, ni ici, ni ailleurs », affirme la nouvelle adjointe.

« Identifier les personnes fragiles »
Pour se rapprocher de son travail, Mélina Pelé s’installe à Pantin en 2016. « J’étais enceinte de notre première fille et mon compagnon et moi sommes tombés sous le charme de la ville. » Mélina Pelé y multiplie les rencontres, à travers le collectif Pantin Family, le conseil d’école, les campagnes des budgets participatifs… Elle croise ensuite la route des militants d’EELV à l’automne dernier qui l’emportent aussitôt dans le « tourbillon » de la campagne municipale.
Nommée 10e adjointe déléguée aux quartiers Mairie-Hoche, Église, Petit-Pantin/Les Limites, Mélina Pelé souhaite accompagner les habitants de ces secteurs. « Il y a beaucoup de vulnérabilités et de situations d’isolement. Ma mission est d’identifier ces personnes fragiles et de les aider à être plus résistants face aux crises à venir. » Pour y parvenir, l’élue va tenir des permanences dans les Maisons de quartier, être à l’écoute et « travailler en étoile » avec les acteurs de terrain, les services et ses camarades de l’équipe municipale.

 

François Birbès : le goût du terrain

François Birbès entame son troisième mandat aux côtés de Bertrand Kern. Après s’être occupé d’emploi et d’insertion, avec quelques motifs de satisfaction à son actif – l’installation de la Maison de l’emploi ou le soutien à la rénovation du restaurant Le Relais  –, il est devenu vice-président d’Est Ensemble, en charge des finances, de 2014 à 2020. « Cette expérience technique m’a intéressé, explique-t-il. Je n’ai jamais perdu de vue que les budgets de la structure intercommunale servent à soutenir le réseau de cinémas, les bibliothèques, les piscines, l’emploi… bref, des services publics qui me sont chers. »
Lui, qui se décrit comme un gros lecteur, est devenu professeur d’anglais. Il a vu défiler plusieurs générations d’élèves du collège Lavoisier depuis qu’il y a pris son poste en 2003. Invité à tourner les pages de sa vie, cet élu de 46 ans évoque son enfance à Castres, avec des parents enseignants qui lui ont donné le goût de l’école et de la transmission. Il se souvient de ses années d’étudiant à Toulouse au cours desquelles l’action de Lionel Jospin lui donne envie de rejoindre le PS. Il quitte ensuite la France pour passer trois années « exceptionnelles » de coopération en Égypte où il prend goût à l’enseignement. De retour dans l’Hexagone, il pose ses valises à Pantin après un passage en Moselle. « Le métier de professeur me passionne et la vie dans un établissement scolaire demeure un poste d’observation instructif pour un élu », ajoute-t-il.

« Supprimer l’habitat indigne »
François Birbès prend également le pouls de la ville en corrigeant ses copies, notamment au café Pas si loin situé aux Quatre-Chemins. De là, il fait face au square Anne-Frank, livré il y a quelques mois, et se félicite de ce projet de transformation urbaine : « Cette opération exemplaire a contribué à supprimer une partie de l’habitat indigne et à verdir le secteur. Mais donner ce visage à tout le quartier prendra du temps. » En devenant adjoint au maire délégué aux Quatre-Chemins, l’élu liste les combats qu’il mènera collectivement : la lutte contre les marchands de sommeil, le renforcement de la sécurité, le développement des espaces verts et l’ouverture de lieux de culture (Sheds, Micro-Folie). Convaincu que sa place est sur le terrain, il a déjà commencé à faire la tournée des acteurs du quartier : « J’ai rencontré, durant l’été, une directrice d’école, le principal du collège Jean-Lolive, la commissaire de police, l’équipe de la maison de quartier, le collectif SOS 4 Chemins et des habitants. »

Retrouvez le trombinoscope des élus sur le site internet de la Ville pantin.fr.