© ville de Pantin 

Éducation

Accueillir les enfants des « indispensables »

Dès le 17 mars, la ville a mis en place un dispositif d’accueil des enfants de soignants qui a rapidement été élargi aux enfants dont les parents sont pompiers, policiers ou encore fonctionnaires en première ligne face à la crise sanitaire qu’a traversée le pays.
Article de Guillaume Gesret publié dans Canal numérique / spécial confinement.

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Une mission de service publique

« Le fait que notre fils soit accueilli à la crèche des Petits-Rougets nous a sauvés », sourit Pierre. Ce jeune papa est médecin à l’hôpital Robert-Debré et sa compagne gériatre investie dans un centre Covid-19. D’ordinaire, leur petit Auguste, 9 mois, est gardé chez eux par une ‘nounou’. Mais, résidant à l’autre bout du département, Pierre et Charlotte ont refusé de lui demander de venir chez eux en RER durant le confinement. Le couple s’est donc tourné vers la ville qui lui a accordé une place en crèche à titre dérogatoire.

À partir du 23 mars, Pantin a ainsi répondu aux besoins de douze familles. Pour cela, elle a ouvert la crèche municipale des Petits-Rougets où une dizaine de professionnels de la petite enfance se sont mobilisés à tour de rôle. « Bien sûr, l’organisation de l’accueil a été adapté, précise Sandrine Vuidel, directrice de la Petite Enfance. Les parents ne rentrent plus dans les sections de vie où les enfants passent la journée. Ils sont accueillis dans une salle de convivialité qui sert de ‘sas’. » Et cela ne semble pas avoir dérangé Pierre : « Ca s’est très bien passé ! Notre fils s’est rapidement adapté à la structure. Au contact des grands, il a même appris à marcher à quatre pattesJe partais serein au travail. »  

Accueillis de la crèche au CM2
Jeanne, habituellement scolarisée en CE1 à l’école Sadi-Carnot, a bénéficié, elle aussi, d’un accueil dérogatoire. Le père de la fillette est en effet professeur de médecine à l’hôpital Henri-Mondor et sa mère, cadre dans un établissement médico-social. A l’école Saint-Exupéry, elle a été accompagnée par des enseignants volontaires qui l’ont guidée dans les activités scolaires envoyées par sa propre maîtresse… ce qui a demandé un certain sens de l’adaptation aux professeurs. « Nous nous sommes retrouvés face à des enfants que nous ne connaissions pas. Ils étaient peu nombreux certes, mais étaient rassemblés dans des groupes multi-niveaux et avaient chacun des exercices différents. Les accompagner a donc demandé de la souplesse », rapporte Christelle Khalifa-Delclos, directrice de l’école élémentaire Charles-AurayPour autant, elle et ses collègues sont unanimes : « Nous avons apprécié ce côté ‘école de campagne’ et la relation particulière qui, au fil des jours, s’est créée avec les enfants. »

Les animateurs sur le pont
Pour répondre aux besoins d’une vingtaine de familles, tout en maintenant la distanciation sociale imposée par la période, la ville, en lien avec l’Éducation Nationale, a ouvert deux établissements scolaires. En fonction de leur école de rattachement, les enfants de maternelle et d’élémentaire ont été accueillis à Saint-Exupéry ou au sein du groupe scolaire Lolive-Vaillant, du lundi au vendredi de 8 heures à 18h30.  Car la ville a fait le choix de préserver l’amplitude horaire habituelle et la cantine en impliquant des agents de restauration et des animateurs. Parmi eux, Maria Thebault, directrice adjointe de la Maison de l’enfance, qui s’est tout de suite portée volontaire. « C’était une manière pour moi d’apporter une pierre à l’édifice. Les parents des enfants que nous accueillions ont des métiers indispensables en temps de crise. Je me devais de les soutenir. » 

Légende : Durant les vacances de printemps, alors que la pandémie atteignait son pic, l’ensemble des équipes périscolaires s’est mobilisée pour accueillir les enfants en centre de loisirs.