© ville de Pantin 

Crise sociale et sanitaire

Crise du crack : l’État doit prendre ses responsabilités !

Face à l’inaction de l’État, les maires de Pantin, d’Aubervilliers et du XIXe arrondissement de Paris lancent une pétition commune. Voté à l’unanimité le 15 décembre par les élus pantinois lors du conseil municipal, ce texte sera directement adressé au président de la République une fois signé par le plus grand nombre.
Article de Christophe Dutheil, publié dans Canal n°303, janvier/février 2022.

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SIGNER LA PÉTITION
> En ligne : sur change.org.
> Sur place : télécharger et déposer le bulletin aux accueils du centre administratif et des maisons de quartier. Des bulletins y seront également mis à disposition.

Les mois passent et l’État continue de faire la sourde oreille à la tragédie qui se joue à ciel ouvert au square de La Villette, un espace vert situé en bordure des Quatre-Chemins. Comme cela était prévisible, la relocalisation forcée de centaines d’usagers de crack à cet endroit, décidée sans concertation par le ministre de l’Intérieur le 24 septembre, a de nombreux effets délétères. La boue, la pauvreté, la mendicité et, parfois, la mort sont les stigmates les plus visibles de cette crise qui s’enlise. Le 8 novembre, le préfet de police de Paris qualifiait même d’inhumaine la situation...
Une autre conséquence tient au désarroi des commerçants et habitants de ce quartier densément peuplé. Pourquoi décider, en 2021, de reléguer en Seine-Saint-Denis un tel désastre humain et social ? Et quid des nuisances et de ce mur qui va à l’encontre de tous les efforts visant à resserrer les liens entre la capitale et sa banlieue ?

S’adresser au chef de l’État
À défaut d’avoir été entendues par le premier Ministre, et compte tenu de l’inaction du ministère des Solidarités et de la Santé, les mairies de Pantin, d’Aubervilliers et du XIXe arrondissement de Paris viennent de lancer une pétition commune. S’adressant, en désespoir de cause, au chef de l’État, le texte l’invite à adopter «  une politique qui honore la République. Cette politique doit avoir pour ambition de prendre en charge médicalement, sanitairement et socialement tous les usagers du crack. Si les hôpitaux ne sont pas en mesure de fournir les lits nécessaires, alors ayez le courage de réquisitionner certains lieux pour en faire des centres de soin.  »
Car, à ce sujet, le droit est clair et constant : il est de la responsabilité exclusive de l’État de prendre en charge ces personnes vulnérables. Sans discrimination vis-à-vis d’une ville, d’un territoire ou d’un département, mais par souci d’efficacité sanitaire et d’égalité. Et au nom de la République, tout simplement.