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Éducation

Le quartier des Quatre-chemins labellisé Cité éducative

Cette rentrée, le quartier des Quatre-Chemins à Pantin obtient le label Cité éducative. La subvention de 260 000 euros qui en découle permettra de mener des projets à la fois éducatifs et sociaux à destination de ses jeunes habitants.
Article de Pascale Decressac, publié dans Canal n°299, septembre 2021

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Près d’un tiers des élèves des Quatre-Chemins présente un retard scolaire en troisième ; 38 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et 48 % sont des primo-arrivants dont une large part n’a pas le français comme langue maternelle. Ces caractéristiques sociologiques constituant des handicaps pour la réussite scolaire, puis l’insertion professionnelle, le quartier a été retenu pour bénéficier du label Cité éducative qui permet de financer, pendant trois ans, des actions à destination des 0-25 ans.

Corriger les inégalités

Le dispositif est porté par l’Éducation nationale, la préfecture, la ville, le conseil départemental, la Caisse d’allocations familiales et Est Ensemble. Autant de partenaires qui poursuivent un objectif commun : accompagner les habitants sur le plan scolaire et éducatif et, plus largement, favoriser leur épanouissement et leur réussite. Le chef de file du dispositif ? Nicolas Menant, le principal du collège Jean-Lolive. « Il connaît les familles et travaille beaucoup avec la maison de quartier et les associations », explique Leïla Slimane, adjointe à la Vie des quartiers, à la Politique de la ville et à la Vie associative, avant de préciser : « Pour ne laisser personne au bord du chemin, la ville a tenu à créer un poste de chef de projet spécialement dédié à la Cité éducative. Il fera également le lien avec le chef de file et les associations. »

La santé avant tout !

« Le diagnostic qui a été réalisé sur le quartier a permis de constater que des troubles “dys” étaient souvent à l’origine de l’échec et du décrochage scolaires », note Christelle Tortora, la cheffe de projet. Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie… S’ils sont souvent identifiés par les enseignants, ces troubles de l’apprentissage doivent être mieux pris en charge. Une large part de la subvention qui sera accordée par l’État servira donc à financer des séances d’orthophonie au sein des structures du quartier, voire des établissements scolaires étant donné que de nombreuses familles n’ont pas la possibilité de se déplacer. Retenue comme l’axe prioritaire du dispositif, la santé sera d’ailleurs appréhendée selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : un état de complet bien-être physique, mental et social.

Ouvrir le champ des possibles

Toutes les structures du secteur, et notamment les associations, pourront en outre s’impliquer pour favoriser l’accès des enfants et des familles à la culture, au sport, aux loisirs. « Il faut permettre de se projeter en dehors du quartier», indique Christelle Tortora. Théâtre et radio pour améliorer l’aisance orale, assistantes sociales et interprètes pour recréer le lien entre école et familles, ouverture aux métiers d’art pour les collégiens, stages à l’international pour développer l’employabilité : le champ des possibles est vaste. « Un enfant ou un jeune bien dans sa vie suit mieux ses cours, est plus épanoui, plus concentré et peut briser le plafond de verre », conclut Leïla Slimane.