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Tranquillité publique

Médiation tout terrain

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Faciliter les échanges à travers la ville

Le minibus de l’association Médiation nomade vient de faire étape sur la dalle de l’Îlot 27. Objectif : retisser des liens, instaurer le dialogue avec les habitants et faire remonter les observations.
Article de Christophe Dutheil, publié dans Canal n°278, mai 2019.

« Vous voulez un thé ? » Il est 20.30 et Yazid Kherfi, fondateur de l’association Médiation nomade, s’efforce d’attirer les curieux, intrigués par la sono, les jeux de société disposés sur une table et le minibus vert, jaune et rouge qu’il vient de garer sur la dalle. Maky, 9 ans, Helynoïe et Abi, 10 ans, ne se font pas prier : elles s’installent sur un banc avant d’entreprendre une partie de Puissance 4. Idem pour Lahcene, un quinquagénaire affable, que Yazid approche en évoquant la récente démission du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Et Yazid d’enchaîner sur sa vie ici : « Et à Pantin, qu’est-ce qui vous manque ? », questionne-t-il. « Du travail ! » D’autres regrettent « l’absence de bancs » sur la place et l’éloignement des « terrasses » et des « lieux permettant de se retrouver »...
Yazid, qui a grandi à Mantes-la-Jolie, écoute, entre deux clins d’œil à l’attention des nouveaux venus. Et il prend note. « Après une médiation comme celle-ci, je débriefe systématiquement les personnes qui m’ont invité sur les principales attentes que j’ai ressenties et les problèmes qu’il faudrait résoudre », précise-t-il.

Passage de relais
Ce soir, il n’aura pas de mal à faire remonter ses observations : Françoise Kern, adjointe au maire en charge de la Prévention, de la Citoyenneté et de la Tranquillité publique, a fait le déplacement, accompagnée de Louise-Alice Ngosso, conseillère municipale déléguée à la Médiation urbaine. « Je trouve le processus innovant et je viens voir comment cela se passe », explique l’adjointe. « J’ai rencontré Yazid chez des médiateurs de Saint-Quentin dans l’Aisne et j’ai eu envie de voir ce que son travail pourrait nous apporter à Pantin, poursuit Louise-Alice Ngosso. Parmi les avantages, il y a la possibilité d’aller faire de la prévention un peu partout dans la ville par une médiation différente et de provoquer des rencontres. »
« Je n’ai pas vocation à rester éternellement », confie le « médiateur tout-terrain », comme il se définit. « Je fais en général trois passages, puis j’explique aux acteurs intéressés comment ils doivent faire pour reprendre le flambeau. » À Pantin, trois jours de formation viennent ainsi d’être organisés pour sensibiliser les personnels (médiateurs, éducateurs spécialisés, agents municipaux...) aux bonnes pratiques de la médiation nomade. « J’y ai appris des choses intéressantes sur la façon d’aller vers les autres », relève Abdel-Hafid Bouzebiba, éducateur spécialisé aux Courtillières. « J’ai apprécié certains conseils sur la prévention », opine Linda Kaniche, médiatrice intervenant dans le quartier Hoche et aux Quatre-Chemins.
Ces conseils devraient être mis en pratique très prochainement. « Nous regardons actuellement comment nous approprier cet outil pour faire évoluer les missions des médiateurs de la ville, qui font des maraudes de 16.00 à minuit », conclut Sara Lenoël, responsable du pôle Prévention-Citoyenneté de la ville.