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Seniors

Pour les seniors, la Semaine Bleue arrive à Pantin

Du 4 au 10 octobre, Pantin s’associe pour la première fois à la Semaine Bleue, un événement national destiné à mettre les seniors sur le devant de la scène. L’occasion de sensibiliser tous les habitants aux problématiques de vieillissement et de montrer que les personnes âgées peuvent être des citoyens actifs.
Article de Pascale Decressac, publié dans Canal n°300, octobre 2021.

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Retrouver le programme de la Semaine Bleue sur sortir.pantin.fr.

Afin d’impliquer davantage les 9 500 seniors pantinois dans la vie de la cité, la ville a décidé de s’associer à la Semaine Bleue, un événement qui fête cette année ses 70 ans. « Après la période difficile que nous avons connue et qui a entraîné la mise en sommeil de certaines actions, cette Semaine bleue marque nos retrouvailles. Elle lance aussi, pour les prochaines années, notre plan d’action en direction des plus de 60 ans qui pourrait s’intituler “être senior, citoyen et actif à Pantin” », annonce Christine Lehembre, conseillère municipale en charge de ce dossier.

Dialogue entre générations

L’augmentation de l’espérance de vie, et surtout de l’espérance de vie en bonne santé, rebat en effet les cartes de la « séniorité ». Si la dépendance et la perte d’autonomie demeurent au centre des préoccupations en ce qui concerne le quatrième âge, beaucoup de jeunes retraités restent très actifs et aspirent à profiter de leur nouvelle vie. « La fin de la carrière professionnelle est souvent le temps des projets, confirme Bruno Carrère, adjoint au maire délégué aux Actions sociales et solidaires. Nous souhaitons ainsi montrer que la séniorité n’est pas une charge, mais une chance pour la ville. Les plus de 60 ans sont déjà très nombreux à s’investir dans la vie associative et nous voulons, à l’avenir, en impliquer davantage. Une table ronde sur le sujet sera d’ailleurs organisée. »
Il est vrai que la combinaison de l’expérience, des compétences et du temps libre est souvent un déclic menant à l’action, pour soi mais aussi pour les autres. Partager son parcours de vie avec des jeunes et se rendre compte que les combats d’aujourd’hui ne sont peut-être pas si éloignés de ceux d’hier ; échanger des savoirs et des savoir-faire pour prendre conscience que les générations peuvent s’enrichir et s’aider mutuellement : c’est tout le sens de la collaboration intergénérationnelle que la ville entend impulser. Et, pour favoriser les rencontres, les différents services et structures de la commune (maisons de quartier, CCAS, antennes jeunesse…) travailleront dorénavant main dans la main.

Seniors aux manettes !

« Nous voulons également sortir de la simple offre consumériste pour aller vers plus de participation tout au long de l’année », ajoute Bruno Carrère. Échanger des compétences en bricolage contre un coup de main pour surfer sur internet, trouver des partenaires pour aller visiter une exposition ou jouer au tennis, partager des recettes de cuisine ou des conseils coiffure… : les seniors ont déjà lancé beaucoup d’idées qui ne demandent qu’à germer, à l’image de l’organisation d’une dictée intergénérationnelle, d’une chasse au trésor ou d’un atelier de cuisine avec un chef étoilé.  
En attendant, ils sont aux manettes de la Semaine Bleue, la ville les ayant associés à la programmation. Certains d’entre eux piloteront même des animations, lesquelles seront ouvertes à tous les Pantinois du 4 au 10 octobre. Au programme : des jeux d’hier et d’aujourd’hui à la maison de quartier du Haut et du Petit-Pantin, la création d’un potager d’herbes aromatiques au foyer Cocteau, une projection de photos anciennes aux Courtillières, un mercredi après-midi pour partager 60 ans de danse à la maison de quartier Mairie-Ourcq, une marche intergénérationnelle à travers Pantin… « Une ville solidaire, c’est une ville où chacun porte un regard bienveillant sur l’autre, où les jeunes sont sensibles au sort des aînés et les aînés à celui des jeunes, où chacun s’entraide », expose Christine Lehembre. Serait-ce là le secret du bien vieillir ? Bruno Carrère l’affirme en tout cas : « Maintenir le lien social retarde les effets du vieillissement et de la dépendance. »
L’ensemble du programme est à retrouver au CCAS (1er étage du centre administratif, 88, avenue du Général-Leclerc), dans les maisons de quartier et sur sortir.pantin.fr.

Dans la peau d’un senior

Jeudi 7 octobre, le centre administratif accueille un simulateur de vieillissement. De quoi se rendre compte des difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les seniors.
Muni de lunettes et d’un casque réduisant l’acuité visuelle et auditive, d’orthèses aux jambes et aux bras entravant les mouvements, d’un collier cervical limitant la rotation de la tête et de surchaussures handicapant la flexion de la cheville, la marche et l’équilibre, il sera possible, jeudi 7 octobre, de se mettre dans la peau d’une personne âgée diminuée par le poids des ans.
Marcher, monter l’escalier, boire un verre d’eau, se coiffer… Ainsi équipé, tous les gestes du quotidien deviennent compliqués et longs à réaliser. « Le but est surtout d’aider les proches de personnes âgées et les professionnels travaillant à leurs côtés à mieux comprendre leurs difficultés et à avoir plus d’empathie », explique Nathalie Camus, directrice de Prévent-Eure, société conceptrice du dispositif.
En complément de ce simulateur, les visiteurs pourront découvrir un décor de logement destiné au grand âge permettant d’identifier les points de vigilance et les actions de sécurisation à mener. « Grâce à des astuces et aménagements simples, comme le fait de scotcher les tapis ou d’installer un chemin lumineux le long des marches d’escalier, on peut limiter les chutes », remarque Nathalie Camus.

Informations pratiques :

  • Centre administratif, 88, avenue du Général-Leclerc
  • De 9.00 à 12.30 et de 13.30 à 17.00

Savoir-faire et faire savoir

La Semaine Bleue sera l’occasion pour la ville de signer une convention de partenariat avec l’association L’Outil en main. Cette dernière fait appel à des retraités, anciens artisans ou ouvriers qualifiés, pour initier les jeunes et les enfants (dès l’âge de 9 ans) aux professions manuelles du bâtiment, du patrimoine, des arts de la bouche ou de l’industrie. Une manière pour les bénévoles de garder un pied dans la vie active et d’assouvir un désir, souvent fort répandu chez les aînés, de transmission.
Ces partages de savoir-faire pourraient aussi s’appuyer sur des structures pantinoises spécialisées dans les métiers d’art, à l’image des Compagnons du devoir, des ateliers Hermès ou des artisans de la Maison Revel. « Les jeunes, ou les personnes éloignées de l’emploi, bénéficieront de la grande expérience des plus de 60 ans pour être initiés, non seulement aux métiers à proprement parler, mais aussi à la posture professionnelle à adopter. En termes de confiance et d’estime de soi, cet accompagnement des seniors sera précieux », souligne Christine Lehembre.