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Développement durable

Une nouvelle action écologique pour Lemon tri

L’entreprise de recyclage pantinoise Lemon tri fournit à SAS Minimum des bouchons qui deviendront les sièges du centre aquatique olympique en cours de construction à La Plaine-Saint-Denis. Afin de confectionner les 10 000 assises du complexe, 10 millions de bouchons sont nécessaires.
Article de Pascale Decressac, publié dans Canal n°300, octobre 2021.

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Les Jeux olympiques de Tokyo sont à peine terminés et, déjà, tous les regards se tournent vers Paris, ville organisatrice en 2024. Le passage de témoin entre les capitales nippone et française s’est d’ailleurs déroulé les 8 août et 5 septembre. Un moment symbolique auquel ne sont pas restés indifférents Marius Hamelot et Augustin Jaclin, respectivement PDG de SAS Minimum et de Lemon tri.

Une histoire pantinoise

Les deux hommes se connaissent bien. Et pour cause : ils ont partagé des locaux communs avenue Édouard-Vaillant, avant que SAS Minimum ne s’installe à Aubervilliers pour développer son activité en plein boom. Cette start-up créée en 2018 transforme bouteilles et bouchons en pavés aux propriétés proches du bois. Après avoir séduit des cuisinistes pour réaliser des plans de travail, des architectes pour revêtir des murs ou des industriels pour produire des tables, le comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris a jeté, à son tour, son dévolu sur ce matériau éco-responsable au design unique. « Le pavé servira à fabriquer les sièges du centre aquatique de La Plaine-Saint-Denis. Il est composé d’une base blanche issue de bouteilles de shampoing et de paillettes jaunes, blanches et transparentes provenant de bouchons », précise Marius Hamelot. Cette matière première sera récoltée dans toute l’Île-de-France par des partenaires, dont Lemon tri, PME installée aux Quatre-Chemins.

Une collecte près de chez vous

« Nous sommes en train de mettre en place des bacs de collecte dans les écoles, sur les chantiers de construction des Jeux olympiques et dans les salles de sport », indique Augustin Jaclin. Une fois récupérés, les bouchons seront triés par couleur, réduits en paillettes et fournis à SAS Minimum qui les mélangera avec des perles de PEHD (polyéthylène recyclé) issues de bouteilles de shampoing. Une matière ensuite transformée en plaques prêtes à être converties en sièges, via un partenaire industriel. « Nous devons fournir 1,5 million de bouchons blancs et transparents et 350 000 bouchons jaunes », précise le PDG de Lemon tri qui, chaque année, collecte 2 000 tonnes de déchets de tous types, notamment les masques chirurgicaux, lesquels trouvent un nouvel usage sous forme de tee-shirts de sport.

Vers des jeux exemplaires ?

Si, pour l’heure, rien ne présage de l’utilisation de ces maillots lors des Jeux olympiques de 2024, Lemon tri, qui emploie une quinzaine de salariés en insertion formés à l’économie circulaire, espère que cet événement sera exemplaire d’un point de vue écologique et social. Un espoir partagé par Salim Didane, adjoint au maire délégué au Développement territorial, à l’Emploi et à l’Économie sociale et solidaire : « Les JO peuvent être bénéfiques pour le tourisme et l’économie. Pour notre ville, c’est aussi l’opportunité de faire valoir, comme cela s’exprime chez Lemon tri, d’autres modèles de développement et d’amplifier notre niveau d’exigences sur l’impact social et environnemental des activités économiques. »