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Citoyenneté

Clémence PAJOT

« Je crois aux vertus de l’éducation, martèle-t-elle. L’égalité femmes-hommes devrait être traitée beaucoup plus sérieusement à l’école et être intégrée dans toute action publique. »

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Directrice du centre Hubertine-Auclert, une structure francilienne qui œuvre pour l’égalité femmes-hommes, Clémence Pajot a fait de la lutte contre les discriminations fondées sur le genre son combat. Portrait de cette Pantinoise engagée à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre.
Portrait de Hana Levy, publié dans Canal n°291, novembre 2020.


Pour Clémence Pajot, diriger le centre Hubertine-Auclert, du nom de cette journaliste, écrivaine et militante féministe de la fin du XIXe siècle, est l’aboutissement d’un long parcours militant. Son diplôme d’économie en poche, elle se détourne rapidement du marketing « où je ne trouvais pas les valeurs d’ouverture qui m’étaient chères ». Clémence s’engage alors dans le milieu de la solidarité internationale. Au sein de l’ONG Coordination Sud, elle se saisit des enjeux de l’égalité femmes-hommes « à une époque où il était difficile d’aborder la question ». Elle rejoint le centre Hubertine-Auclert en 2010, quelques mois après sa création par la Région, et en devient directrice en 2014.
De la révision des manuels scolaires pour y rendre les femmes plus visibles à la première étude sur le cybersexisme chez les adolescents, en passant par la lutte contre les cyberviolences conjugales, Clémence et son équipe font feu de tout bois. « Je crois aux vertus de l’éducation, martèle-t-elle. L’égalité femmes-hommes devrait être traitée beaucoup plus sérieusement à l’école et être intégrée dans toute action publique. »

Un combat vital
Clémence a passé le confinement suspendue au téléphone pour « centraliser, en partenariat avec la ville de Pantin et d’autres communes d’Île-de-France, les informations sur les dispositifs locaux d’accompagnement des femmes victimes ». Un combat vital à un moment où les violences intrafamiliales explosaient… « Comme d’autres communes, Pantin est membre du centre Hubertine-Auclert, précise-t-elle. Nous aidons ainsi la ville à mettre en œuvre un plan d’action pour l’égalité professionnelle femmes-hommes, ainsi qu’une formation sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail. »
Aujourd’hui, cette maman de deux adolescentes salue les changements de mentalités initiés par le mouvement #MeToo. « Il a permis aux femmes d’être écoutées sans avoir peur d’être jugées. » Pour autant, selon elle, il reste fort à faire. « Si, désormais, la lutte contre les violences faites aux femmes fait consensus, les moyens ne suivent pas. Inciter les victimes à porter plainte lorsqu’il n’y a qu’une chance sur dix que l’agresseur soit condamné est une aberration. Il faut aussi cesser de banaliser les violences sexistes et les punir par la loi, en démontrant que le sexisme peut conduire au viol. Heureusement, les garçons s’emparent de plus en plus de ces questions. » Enfin une bonne raison de se réjouir.

Le centre Hubertine-Auclert en chiffres
> 3 800 documents sur l’égalité femmes-hommes
> 1 000 initiatives accompagnées par an
> 60 communes partenaires, dont Pantin
> 1 programme d’éducation à l’égalité filles-garçons en partenariat avec l’Éducation nationale
> 1 Observatoire régional des violences faites aux femmes.
Plus d’infos : www.centre-hubertine-auclert.fr