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Développement économique

Diogou DRAMÉ

« Je suis très attachée à la Seine-Saint-Denis et en particulier à Pantin qui est pionnière dans l’écoresponsabilité. »

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Éthique la cosmétique !

À 34 ans, Diogou Dramé a imaginé tout un écosystème pour promouvoir la filière des cosmétiques bio. En septembre, la Fabrique 621 rassemblera, rue Delizy, une pépinière de start-up, un laboratoire et un Fab lab. Rencontre.
Portrait de Hana Levy, publié dans Canal n°279, juin 2019.

Organisée, rigoureuse et culottée. Telles sont, selon Diogou Dramé, les qualités indispensables pour monter sa start-up. Ça tombe bien, la jeune maman les réunit toutes ! Sa volonté ? Démocratiser la filière des cosmétiques écoresponsables, c’est-à-dire respectueux de l’homme et de l’environnement. L’idée lui est venue alors qu’elle était enceinte et qu’elle s’interrogeait sur les produits dont elle enduisait sa peau. Elle se met alors à créer, dans sa cuisine, des cosmétiques 100 % naturels qu’elle offre à sa famille et à ses collègues. Succès immédiat. Elle abandonne alors le monde de la banque, où elle travaille en stratégie financière depuis dix ans, pour se lancer dans l’aventure. Avant de mûrir son projet, elle suit une formation sur la réglementation et une autre en cosmétologie avec une chimiste « indispensable pour connaître les bonnes associations d’ingrédients », estime-t-elle. « J’ai ensuite rencontré d’autres startupers qui, comme moi, voulaient monter leur entreprise de cosmétiques bio. »

Écoresponsable et collectif
De personnel, son projet devient alors collectif : elle crée un incubateur d’entreprises et un Fab lab pour faire bénéficier les start-up de son réseau et de son expérience fraîchement acquis. Afin de contourner l’obstacle majeur des laboratoires, qui imposent de trop grosses productions, elle prévoit également de créer son propre laboratoire. Et la formule fait mouche : la jeune femme a déjà reçu 60 candidatures pour la prochaine promotion qui fera sa rentrée en septembre dans des locaux situés avenue Delizy.
« J’ai grandi à Dugny, fait mes études à La Courneuve et à Villetaneuse, ma mère était femme de ménage à Pantin… Je suis très attachée à la Seine-Saint-Denis et en particulier à Pantin qui est pionnière dans l’écoresponsabilité. » Et de s’insurger contre les clichés qui collent à la peau du 93. « Je suis fière de contribuer au dynamisme de ce territoire. La preuve qu’on peut y monter des projets ambitieux et innovants, même issu d’un milieu immigré modeste. Si ça peut changer les mentalités, j’en serais ravie ! »

Tout un concept !
La Fabrique 621 doit son nom à l’article L-621-2 du code de la propriété intellectuelle sur le secret de fabrication, mais aussi aux « nombres d’or » de la création d’entreprise : 6 mois d’incubation, 2 ans pour pérenniser son activité et devenir numéro 1.
Au sein de la première promotion, qui a commencé en janvier à Saint-Denis, six porteuses de projet, la plupart en reconversion professionnelle, sont accompagnées pendant 6 mois par des experts en cosmétique, chimistes, professionnels du marketing, du packaging ou de la communication… Au programme également, du mentorat par des marques de cosmétiques bio et la constitution du dossier réglementaire obligatoire, agréé par un toxicologue. Les startupeuses ont également accès à un Fab lab pour confectionner leurs produits. Elles fabriqueront ainsi une série limitée de 500 unités dont elles pourront se servir pour convaincre les investisseurs. Coût de la formation : 3 000 euros les 6 mois.
- Renseignements :  lafabrique621.com