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Culture

Vous prendrez bien une bouffée d’art frais ?

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Théâtre, danse, musique, arts plastiques…

Une fois encore, la saison culturelle 2019-2020 révèle de belles promesses. Éclectique, elle couvre toutes les disciplines artistiques (théâtre, musique, arts plastiques, danse, etc.).
Parmi elles, le cirque sera mis à l’honneur, avec notamment l’ouverture de saison, Somos de la compagnie El Nucleo, l’artiste-acrobate Chloé Moglia et sa fameuse spirale en novembre, le spectacle L’Herbe tendre en mars ou la marelle acrobatique Éternels Idiots (compagnie El Nucleo), en mai. Hors les murs, se déroulera également la traditionnelle Biennale urbaine de spectacles (BUS) avec sa kyrielle de propositions artistiques qui émailleront l’espace public.
Bien sûr, seront renouvelés les rendez-vous partenaires, avec les prestigieux festivals Africolor, Banlieues Bleues ou encore Le Festival d’automne. Et puis, cette année, la programmation se focalise davantage sur l’actualité et les médias. En témoignent les spectacles Radio Live ou Je m’en vais mais l’État demeure. En primeur, Canal vous dévoile sa sélection… Suivez le guide !
Article de Anne-Laure Lemancel, publié dans Canal n°281, septembre 2019.

Kery James, un homme de parole

Depuis ses débuts, voilà près de 30 ans, dans le groupe Ideal Junior, le rappeur d’origine haïtienne né en Guadeloupe en 1977, n’a pas dévié de son cap. Dès ses premiers pas hip-hop dans une MJC d’Orly, à l’âge de 13 ans, il forge un rap conscient, engagé et politique, qui fustige les inégalités, les injustices sociales et clame les fiertés de son milieu. Loin du bling bling qui ternit le rap d’aujourd’hui, ce fils d’écrivain public, chevalier des rimes, aiguise sans relâche ses armes, les mots, depuis son premier disque solo, en 2001. Artiste infatigable, il s’est aussi frotté avec panache au théâtre (À Vif, 2017) ou au cinéma (Banlieusard, 2019). Après des éclipses et des réapparitions sur les planches, chacun de ses concerts sonne comme un événement. À Pantin, il interprétera ses plus grands morceaux de bravoure, au fil d’un show acoustique aussi intime que profond.

Le 11 mars, salle Jacques-Brel, 42, av. Édouard-Vaillant.

Ramène ton Fraize

Avec son pantalon feu de plancher remonté aux aisselles, son polo rouge vif boutonné jusqu’à la glotte, sa posture d’inadapté social, fragile et coincé, le lunaire Monsieur Fraize se démarque par son goût de l’absurde et sa gestion des non-dits, matière première de ses spectacles hors-cadre. À rebours des héros actuels du stand up, prompts à dégainer leurs vannes à la vitesse de l’éclair, ce clown mélancolique et hilarant, sorte de Mister Bean à la française, vieux garçon et gosse tendre, aime les interminables silences qui déboussolent le spectateur. Car Monsieur Fraize ne saurait aller chercher son public aux forceps. Il l’enveloppe plutôt de ses ingrédients à double tranchant : le malaise, le doute, la cruauté du quotidien et un subtil fond de critique sociale.
Depuis 17 ans, ce Lyonnais, Marc Fraize de son vrai nom, forge son personnage. Et laisse percer ses influences dans ses spectacles : Bourvil, Coluche, mais aussi l’humoriste américain surréaliste Andy Kaufman. Pas de doute qu’il soulève des salves d’hilarité à Pantin.

Le 8 octobre, salle Jacques-Brel.

L’actualité sur les planches

Ici, le théâtre documentaire repousse les limites de l’extrême et Hugues Duchêne, à la fois militant, journaliste, citoyen et comédien, avec sa bande d’acteurs du Royal Velours, issus de l’Académie de la Comédie Française, invente une forme hybride et audacieuse. Dans Je m’en vais mais l’État demeure, s’emmêlent en un zapping permanent, avec des angles d’attaque différents, commentaires satiriques sur l’actualité, analyse politique, mise en spectacle de soi narcissique, fake news… Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, la jungle de Calais, l’élection présidentielle de 2017, l’affaire Merah, les Gilets jaunes ou la mort de Johnny entrent en collision avec la vie personnelle du metteur en scène. C’est audacieux, fort et brillant, décliné en deux épisodes. En un mot : immanquable.

Le 22 novembre et 1er février, théâtre du Fil-de-l’Eau, 20 rue Delizy.

Plock comme Pollock

Sur scène, il y a Jacob, artiste-plasticien qui rêve de réaliser des tableaux à la manière de son idole, Jackson Pollock, le créateur du dripping, cette technique qui consiste à projeter de la peinture. Il tend alors une immense toile et commence à jongler avec les couleurs. Mais où faire tomber les gouttes de peinture exactement ? Doit-on jeter la matière ? La faire exploser ? Dans sa quête, le créateur se démène, virevolte, se lance dans des équilibres, des roulades, des cascades… À la croisée du cirque et de l’art contemporain, imaginé par la compagnie néerlandaise Grensgeval, Plock !, ce spectacle pour enfants, revêtus d’une combinaison pour parer à toutes les éclaboussures, interroge la liberté de créer, le jeu, l’énergie et la vision de l’artiste. Multicolore et jouissif !

Les 5 et 8 février, théâtre du Fil-de-l’Eau.

Reines de la scène 

Après Fighting Spirit, le premier acte de sa recherche sur la féminité, le chorégraphe Ousmane Sy, ponte de la house dance, ambassadeur de la French Touch et de l’afro-house spirit, poursuit son travail d’exploration des énergies et des gestes féminins avec Queen Blood.
Les quatre jeunes danseuses de son groupe Paradox-sal y déploient leurs virtuosités techniques et leurs singularités pour révéler ou questionner ce que peut être la féminité, assumée ou subie, à travers la danse et le mouvement. Construit à partir des parcours et expériences personnels de chacune d’elles, à travers des univers musicaux très distincts (l’un acoustique, l’autre électro), Queen Blood est un concentré intime et vibrant qui plonge ses racines dans le populaire.

Le 21 janvier, Théâtre du Fil-de-l’Eau.

En radio augmentée 

La jeunesse serait-elle peu concernée par les problématiques sociales et politiques qui secouent la planète ? Aurélie Charon et Caroline Gillet prouvent le contraire. Au fil de leurs émissions diffusées sur les ondes de France Inter et France Culture (I like Europe, Welcome nouveau monde, Underground Democracy, Une Série française…), les deux reporters ont recueilli, à travers le monde, les paroles de jeunes qui font bouger les lignes. Pour prolonger l’expérience, leur dispositif baptisé Radio Live, vraie fausse émission de radio, réunit témoignages, connexions Skype en direct, archives et dessins de l’illustratrice Amélie Bonnin. Sur les planches, au fil d’un maillage de récits, dialoguent en direct des jeunes qui ne se seraient jamais rencontrés sans la magie de ce spectacle. Et l’on assiste alors à la naissance d’un collectif, d’une lame de fond pleine d’espoir, susceptible de changer le cours des choses.

Le 18 décembre, théâtre du Fil-de-l’Eau.

Suivez le guide ! 

La Saison culturelle, c’est aussi des visites, des expositions, des projections, des lectures… Alors, pour découvrir la richesse de la programmation, procurez-vous sans plus attendre le guide de la saison disponible dans les lieux d’accueil municipaux et consultable en ligne.
Bon plan : jusqu’au 27 septembre, la carte d’abonné est offerte aux Pantinois avec la formule VIPantinois. Deux formules : 3 spectacles à 24€ ou 6 spectacles à 30€. À noter que certaines représentations sont exclusivement réservées aux abonnés qui, tout au long de l’année, profitent d’offres tarifaires exceptionnelles chez de nombreux partenaires.

Pour plus d’infos et pour obtenir sa carte, rendez-vous dans la rubrique saison culturelle.