Centrale du Blanc-Mesnil © DR 

Développement durable

La géothermie en 2024 à Pantin

En 2024, le réseau de chaleur géothermique Unigéo offrira à Pantin une nouvelle source d’énergie renouvelable.
Extrait du dossier "Crise mondiale, solutions locales" réalisé par Christophe Dutheil, Frédéric Fuzier et Guillaume Gesret, publié dans Canal n°311, novembre 2022.

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La chaleur géothermique à Pantin en 2024

La commune bénéficiera, dès l’hiver 2024, de ses premiers raccordements au nouveau réseau local de chaleur géothermique produisant très peu de déchets et de gaz à effet de serre.
Pour les logements, la priorité sera donnée aux bailleurs sociaux, dont Pantin Habitat, et aux copropriétés de plus de 30 logements dans l’ancien et de 50 dans le neuf. Concernant les équipements publics, outre l’Ehpad La Seigneurie, le foyer de vie Clothilde-Lamborot et la future halle sportive Charles-Auray, une quinzaine de groupes scolaires sera progressivement reliée à ce réseau. «  Les sollicitations pour des raccordements et pour la création de réseaux de géothermie n’ont jamais été aussi nombreuses que depuis qu’une crise énergétique de grande ampleur a éclaté  », constate Inès Gélu, directrice générale d’Unigéo.

Une longueur d’avance

Alors, où en est-on pour le projet décidé par Pantin, Les Lilas et le Pré-Saint-Gervais ? «  Il a démarré bien avant cette crise et il avance !, précise la directrice générale. Nous venons de choisir la société qui effectuera quatre forages aux Lilas à environ 1 800 mètres de profondeur et nous attendons la publication d’un arrêté préfectoral pour débuter les travaux.  » Ceux-ci devraient commencer en mars 2023 et s’étaler sur une durée de six mois.
«  Pour la suite, nous sommes déjà en train de sélectionner les entreprises qui réaliseront les interventions liées à la pose des canalisations et des sous-stations  », ajoute Inès Gélu. Dans chaque tranchée, deux grosses conduites seront installées côté à côte, l’une pour l’eau chaude provenant de la centrale de géothermie et l’autre pour l’eau retournant dans les entrailles de la terre.
L’aventure Unigéo a commencé en 2018, lorsque les trois villes – déjà soucieuses de s’émanciper des fournisseurs d’énergie fossile – ont fait le choix de s’allier avec Est Ensemble et le Sipperec (Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de communication) afin d’étudier la possibilité de réaliser un réseau de chaleur géothermique. Le projet a débouché, en février 2022, sur la création commune d’une nouvelle société publique locale (SPL). Cette dernière est chargée de la construction et de l’exploitation du réseau qui tirera sa force de la présence dans les profondeurs du sous-sol francilien d’une vaste nappe d’eau à fort potentiel chauffant : le Dogger.

Une énergie propre      

La géothermie est donc un procédé qui préserve l’environnement : l’eau, prélevée à une température de 80 °C environ par deux puits de production et servant à chauffer les bâtiments concernés et à fournir de l’eau chaude sanitaire, est ensuite réinjectée dans le sous-sol (voir infographie ci-contre). In fine, cette technologie permettra d’éviter, au sein des trois villes, l’émission de 28 000 tonnes de CO2, soit l’équivalent des rejets annuels moyens de 19 000 véhicules essence.
«  Bien sûr, la construction de ces installations a un coût pour les collectivités, reprend Inès Gélu. Mais, une fois déployées, les infrastructures offrent à tous les bâtiments raccordés une source de chaleur plus abordable, car proposée à des tarifs beaucoup moins volatiles que ceux des énergies fossiles.  » La faible dépendance aux prix du marché s’explique par les caractéristiques mêmes d’un tel réseau puisqu’au moins 60 % des besoins en chaleur sont couverts par les ressources naturelles et gratuites du Dogger, tandis que le reste est assuré par des chaufferies d’appoint, alimentées au gaz ou à l’électricité.

En chiffres

  • 2,5 millions d’euros de capitaux publics investis, dont 600 000 euros pour Pantin, actionnaire d’Unigéo à hauteur de 24 %.
  • 24 kilomètres de réseau de chaleur sur les villes de Pantin, des Lilas et du Pré-Saint-Gervais.
  • 50 % des équipements municipaux pantinois et 13 000 équivalent logements raccordés.
  • 28 000 tonnes d’émission de CO2 évitées.

LE CALENDRIER
> Février 2022 : création de la SPL Unigéo par le Sipperec, Est Ensemble et les villes de Pantin, des Lilas et du Pré-Saint-Gervais.
> Mars 2023 : forage des quatre puits de géothermie.
> 2023-2025 : déploiement progressif des canalisations du réseau sur les communes des Lilas, du Pré-Saint-Gervais et de Pantin et raccordement des bâtiments et résidences. À Pantin, les travaux s’effectueront par tronçons de 200 mètres pour minimiser les nuisances. Ils commenceront par le sud du canal de l’Ourcq et remonteront progressivement vers le nord de la ville.
> Hiver 2024-2025 : mise en service de la géothermie.

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