© ville de Pantin 

Mobilités durables

Pantin, une ville en mouvements

Par souci écologique, et pour répondre à la demande de nombreux habitants, elle réorganise actuellement son espace public afin de le rendre plus accueillant et plus sûr pour les piétons comme les cyclistes.
Extrait du dossier réalisé par Christophe Dutheil, Guillaume Gesret, Pascale Decressac, publié dans Canal n°309, septembre 2022.

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Favoriser les transports en commun et le vélo

Entre Pantin et le transport de voyageurs, c’est une longue histoire qui a débuté au XIXe siècle. En 1864, est créée la première gare ferroviaire de la ville (l’actuelle gare RER) implantée sur l’axe Paris-Strasbourg. Trois ans plus tard, une ligne d’omnibus à cheval permet de relier la place de l’Église à la rue du Faubourg-Saint-Martin (Paris). Le XXe siècle se distingue par l’ouverture de cinq stations de métro entre 1942 et 1979. En 1999, la ligne E du RER marque un arrêt à Pantin. L’histoire s’accélère en 2010, lorsque Bertrand Kern, le maire, obtient une augmentation de sa fréquence de passage, puis négocie – avec succès – l’ouverture, en bordure de territoire, de trois arrêts (Delphine-Seyrig, Ella-Fitzgerald et Porte-de-Pantin) de la ligne de tramway T3b.
« Aujourd’hui, Pantin bénéficie d’un maillage de transports en commun exceptionnel,souligne-t-on du côté du pôle Projets et déplacements de la mairie. Consciente de l’urgence écologique, la ville est aussi parvenue à réduire la circulation routière au profit des transports doux, comme la marche ou le vélo. » À cet égard, les chiffres sont éloquents : le nombre de bicyclettes circulant chaque jour le long du canal de l’Ourcq a été multiplié par six en 10 ans, passant de 500 en 2012 à plus de 3 000 aujourd’hui.

Rendre la ville respirable

En plus de la limitation de la vitesse à 30 km/h, qui s’applique dans la quasi-intégralité des rues de la ville depuis l’an dernier, l’aménagement, le marquage et la sécurisation des pistes cyclables, parfois à la faveur de la crise sanitaire, ont boosté l’usage de la petite reine, aussi bien sur les bords du canal que sur les voies communales et départementales. Même chose pour les deux carrefours à la hollandaise de l’avenue Jean-Lolive. Sécurisant les traversées des cyclistes, ces aménagements protégés sont plébiscités par les associations. « C’est une solution très pertinente qui devrait être davantage développée », estime Olivier Schneider, président de la Fédération française des usagers de la bicyclette. « Les villes,poursuit-il, ont tendance à travailler sur les pistes, puis lâchent les cyclistes aux abords des intersections les plus dangereuses. Or, on sait que cela tend à limiter la pratique du vélo à un cercle restreint d’adeptes assez aventureux. »
Évidemment, ces aménagements cyclables et piétons ont également pour but de réduire la place dévolue à la voiture afin de rendre la ville plus agréable, plus respirable et moins bruyante. C’est d’ailleurs dans cet esprit que Pantin a lancé, en début d’année, une étude globale de circulation. Concernant tous les modes de transport sur toute la ville, les résultats de cette enquête, menée par un cabinet externe, seront connus à l’automne et donneront lieu à un processus de concertation. De quoi élaborer un diagnostic partagé et proposer de nouvelles actions en 2023…

LA JOURNÉE SANS VOITURE REVIENT

Dimanche 18 septembre, les Pantinois sont invités à laisser leur véhicule au garage et à profiter d’animations autour du climat et de l’environnement. Une journée sans voiture qui s’inscrit dans la Semaine du développement durable, laquelle déroule une riche programmation du 17 au 25 septembre.
À pied ou à vélo, il fera bon déambuler dans les rues de Pantin dimanche 18 septembre. Ce jour-là, de 10.00 à 18.00, l’intégralité de la ville sera rendue aux piétons et aux adeptes des mobilités douces. Seules les avenues Jean-Jaurès, de la Division-Leclerc et Anatole-France et les rues Marcelle, Gutenberg et Franklin resteront ouvertes à la circulation afin de contourner la ville.
La sortie du périphérique au niveau de la porte de Pantin sera fermée mais l’accès depuis Pantin sera maintenu. Si, ce jour-là, il est préférable de ne pas utiliser son véhicule, quitter la ville en voiture restera possible et y entrer ne sera autorisé qu’aux véhicules d’urgence et aux Pantinois (sur présentation d’un justificatif). Dans tous les cas, la vitesse sera limitée à 20km/h en ville. Les bus continueront pour leur part de circuler, à l’exception des lignes 170, 151 et 249.

Animations à foison
De quoi ouvrir un boulevard à l’organisation, de 11.00 à 17.00, de nombreuses animations dont le centre névralgique sera l’avenue Jean-Lolive. Conférence, quiz, exposition, ateliers et jeux permettront de prendre conscience de manière ludique des enjeux et défis climatiques.
Quatre autres zones festives – que des vélos taxi gratuits relieront entre elles – seront réparties dans la ville. Le pont de la Mairie accueillera des activités organisées notamment par le pôle Jeunesse, tandis que le quartier des Courtillières proposera un dressing solidaire et un parcours d’apprentissage du vélo. Aux Quatre-Chemins, une disco soupe régalera les gourmands qui apprendront des astuces anti-gaspi avant de prendre le départ de la balade Qualité de l’air. Les enfants y apprécieront également les jeux géants en bois et les parcours en réalité augmentée. Dans le Haut-et-Petit-Pantin, une piste de kart à pédales sera installée.
À noter que le stationnement sera interdit sur les zones d’animation du samedi 17 septembre à partir de 18.00 jusqu’au dimanche 18, 18.00.
> Consulter le programme de la journée sans voiture

À vous le Grand Paris !

Pas question pour autant de faire cavalier seul sur le sujet, étroitement lié à ce qu’il se passe dans les collectivités alentours. Au niveau d’Est Ensemble, Pantin est mobilisée pour l’élaboration d’un Plan local de mobilité intercommunale visant à favoriser les déplacements durables au sein des neuf villes du territoire. Au niveau métropolitain, la ville soutient – et promeut activement –, depuis 2018, la mise en place d’une Zone à faibles émissions (ZFE) entre le périphérique et l’A86. Pour rappel, cette dernière a déjà contribué à interdire la circulation des véhicules les plus polluants (Crit’Air 4 et 5) à l’intérieur de ce périmètre, qui inclut Pantin.
Prochainement, le RER V, un réseau express régional vélo comparable à son aîné ferroviaire, passera par Pantin et permettra de rejoindre en toute sécurité la gare du Nord, le Parc des expositions de Villepinte ou encore l’aéroport Charles-de-Gaulle. Plus tard, le T Zen 3 – une ligne de bus en site propre et à haute qualité de services – cheminera le long de l’ancienne RN3, entre la porte de Pantin et Les Pavillons-sous-Bois. D’ici 2030, la future ligne 15 du Grand Paris Express fera son premier arrêt à Fort d’Aubervilliers et desservira 36 stations de la petite couronne, sans passer par Paris. Il se murmure enfin qu’Île-de-France Mobilités étudie actuellement la mise en place d’une navette fluviale électrique sur le canal de l’Ourcq. Elle pourrait partir de La Villette, faire une escale au port de Pantin et rejoindre Les Pavillons-sous-Bois. À suivre donc...

LA REQUALIFICATION DE LA EX-RN2

En limite de Paris, l’avenue Jean-Jaurès, ou ex-RN2, fait l’objet d’un plan de requalification d’ampleur visant notamment à l’apaiser. Démarrés en 2019, les travaux ont déjà transformé, au niveau des Courtillières, l’axe en boulevard urbain. Si l’essentiel des interventions a été financé par le département, la ville a contribué à l’achat de matériaux plus qualitatifs et de végétation.
Initialement prévue entre 2020 et 2022, la deuxième phase de travaux (entre la station de métro Fort d’Aubervilliers et l’église Sainte-Marthe des Quatre-Chemins) sera finalement menée en même temps que la troisième, couvrant le tronçon église Sainte-Marthe-porte de La Villette. Les travaux débuteront mi-2023, dureront 18 mois et verront le tunnel souterrain des Quatre-Chemins comblé.
À l’automne, une réunion publique, dont la date et le lieu seront précisés ultérieurement, permettra à tous ceux qui le souhaitent de découvrir le projet dans son ensemble.

3 questions à…

Mirjam Rudin, adjointe au maire déléguée à la Nature en ville, aux Déplacements, aux Espaces publics et aux Espaces verts

Canal : Comment la ville agit-elle pour favoriser les déplacements doux ?
Mirjam Rudin : 
Depuis 2020, on assiste, à Pantin comme dans d’autres villes, à une explosion des mobilités propres, complémentaires des transports en commun. La municipalité a en effet choisi de réorganiser une partie de ses voies pour faire plus de place aux cyclistes et aux piétons. Elle a, par exemple, décidé de pérenniser et de sécuriser les coronapistes. Ces voies cyclables ont en effet convaincu nombre d’habitants de se mettre, ou de se remettre, en selle ! Le passage de la quasi-intégralité de Pantin en zone 30, limitant la vitesse de circulation à 30 km/h, nous aide aujourd’hui à aller plus loin. Nous sommes, par exemple, en train de généraliser le double-sens cyclable, grâce à des marquages au sol très efficaces. Donnant de la visibilité aux pistes, ils rassurent les cyclistes qui peuvent emprunter à contresens une rue à sens unique.

Quelle est la position de Pantin concernant la place de la voiture en ville ?
M.R. :
 À Pantin, ville de première couronne, seulement 40 % des familles possèdent une voiture. Nous sommes conscients que certaines ont besoin d’avoir à leur disposition un véhicule individuel. Mais les flux de transit sont beaucoup trop importants localement. Il y a, de fait, un « effet Waze » (GPS) que l’on veut limiter : on sait aujourd’hui qu’un certain nombre de voitures et de camions contournent Paris et les axes les plus encombrés en passant par Pantin. Ils font des détours par les petites rues résidentielles pour gagner du temps. Les habitants en subissent les conséquences. Notre but est donc de pacifier la circulation, dans tous les quartiers, en réduisant au maximum la possibilité pour les voitures d’utiliser des axes traversants.

Et quid des éventuels effets collatéraux ?
M.R. :
 Il n’est pas question pour nous de jouer aux apprentis-sorciers ! Un cabinet externe nous aide, depuis le début de l’année, à faire un diagnostic complet de la circulation dans la ville. Ce travail d’enquête et d’audit, qui vient de débuter, nous donnera de la visibilité sur les flux de circulation. Il nous permettra aussi d’y voir plus clair quant aux effets à prévoir lorsque l’on piétonnise une rue, crée une piste cyclable ou lorsque l’on choisit de passer telle ou telle rue en sens unique.

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