© ville de Pantin 

Transport

Tout roule (ou presque) pour le vélo !

Les Pantinois sont de plus en plus nombreux à utiliser le vélo dans leurs déplacements quotidiens. Deux enquêtes récentes montrent d’ailleurs qu’ils perçoivent une amélioration des conditions de la pratique en ville.
Article de Guillaume Gesret, publié dans Canal n°305, avril 2022.

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Les usagers de la petite reine sont de plus en plus nombreux

Certaines statistiques parlent d’elles-mêmes : sur l’avenue Jean-Lolive, la fréquentation est passée de 400 vélos par jour avant la crise sanitaire à 2 000 en septembre. L’usage de la bicyclette se répand non seulement sur ce qu’on a appelé les «  coronapistes », les voies cyclables créées à l’issue du premier confinement, mais aussi le long du canal et sur les autres axes de la commune. Mais que pensent les Pantinois des conditions de circulation dans la ville ?

À l’aise et en sécurité
L’enquête de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), menée en 2021, apporte quelques réponses. Elle indique que les cyclistes perçoivent des améliorations à Pantin. En deux ans, la note de la commune passe en effet de 2,81 à 3,25 sur 6. À titre de comparaison, Paris obtient 3,33. «  Les habitants apprécient particulièrement la mise en place des double-sens cyclables et l’existence d’ateliers de réparation  », note-t-on au pôle Transition écologique et adaptation urbaine de la ville. Pour préciser l’étude de la FUB, Pantin a également sondé les personnes ayant fait la demande d’une subvention pour l’achat d’un vélo mécanique (lire ci-contre). Les résultats montrent que deux tiers des usagers se sentent en sécurité sur leur bicyclette. Autre enseignement, ils sont 66 % à estimer que les aménagements cyclables sont nombreux au sein de la commune.

Aménager la voirie
Pierric Amella, conseiller municipal délégué aux Mobilités douces, accueille ces évaluations comme un signe d’encouragement. «  La ville a mis en place un plan vélo en 2019 qui a permis d’accomplir des avancées sur les infrastructures. Aujourd’hui, nos efforts se poursuivent  », souligne l’élu qui fait référence à la pérennisation des «  coronapistes  » le long des avenues du Général-Leclerc, Jean-Jaurès et Jean-Lolive, à la création d’un carrefour à la hollandaise sur cette dernière, aux aménagements cyclables réalisés à la faveur de chaque réfection de rue, à la mise en place de plus de 300 arceaux de stationnement, au passage de la vitesse de circulation à 30 km/h dans la quasi-intégralité de la ville, aux 65 sas deux-roues installés devant les feux tricolores et aux 55 panneaux «  Cédez le passage cycliste  » autorisant à tourner à droite avant que le feu ne passe au vert. Dernièrement, des bandes cyclables ont été matérialisées rue Cartier-Bresson et une goulotte de franchissement installée sur l’escalier reliant la rue de Candale-Prolongée à celle du Bel-Air.

Des points à améliorer 
Toutes ces mesures sont prises en concertation avec le Comité vélo. Composée d’associations et d’habitants, cette instance permet de faire remonter l’expertise de terrain des cyclistes, lesquels peuvent aussi proposer des améliorations. Car, comme l’enquête de la FUB le signale, la vie des usagers du vélo à Pantin n’est pas toujours rose. Ces derniers se plaignent notamment de véhicules garés sur les voies cyclables. «  Les échanges avec le Comité vélo ont permis, par exemple, de réfléchir à des aménagements sur l’avenue Édouard-Vaillant qui permettront d’empêcher les stationnements abusifs », explique Pierric Amella.

Un autre endroit est régulièrement pointé du doigt. Sur les quais du canal de l’Ourcq, la cohabitation entre les amateurs de vélo et les piétons n’est pas sans poser de problèmes. La ville est donc en train de concevoir des aménagements dédiés dans le but de distinguer les espaces destinés aux piétons de ceux réservés aux cyclistes.

Ils ont bénéficié d’une aide pour acheter leur monture

Depuis 2020, la ville verse 100 euros aux Pantinois de plus de 15 ans qui achètent un vélo mécanique (classique, pliable ou cargo), neuf ou d’occasion. À ce jour, 250 personnes ont profité de ce coup de pouce. Un tiers d’entre elles n’utilisait pas ce mode de déplacement auparavant et 37 % se servent dorénavant moins de leur voiture.
 

Kaïna, 31 ans

«  J’ai acheté un vélo après les confinements car je m’étais un peu empâtée. L’autre raison est liée au sentiment d’insécurité : je n’étais plus à l’aise le soir à la sortie du métro. L’aide municipale m’a aussi permis d’investir dans un joli casque car, au départ, j’appréhendais de rouler au milieu des voitures. Mais, à présent, je connais le réseau de pistes cyclables à Paris et à Pantin. Quand je me rends au travail dans le Vearrondissement, j’emprunte uniquement des voies sécurisées. En quelques semaines, la bicyclette est devenue mon mode de déplacement préféré.  »

Josué, 48 ans

« Comme la ville accorde la subvention pour l’achat d’un vélo d’occasion, je me suis rendu dans une association de réparation qui a repris mon ancienne bicyclette et m’en a vendue une nouvelle à 140 euros. J’ai donc réalisé une sacrée affaire avec la déduction de 100euros! C’est bien qu’on ne soit pas obligé d’acheter du neuf car le principe du réemploi est important pour moi. »

Matthieu, 39 ans

« Sans l’aide de 100 euros, je n’aurais jamais acheté de vélo. Avant, j’avais l’habitude de me déplacer en voiture, en scooter ou en transports en commun. Mais je supporte de moins en moins le métro. La bicyclette est donc une bonne alternative quand je me rends dans le nord de Paris. Et, depuis, je me sens plus en forme. »

Pour bénéficier de la subvention municipale pour un vélo mécanique :
- la demande est à réaliser en ligne sur Pantin e-services
- un justificatif de domicile, une photocopie de la carte d’identité et une facture de moins de six mois sont à joindre à la demande
Pour ceux qui rencontreraient des difficultés à réaliser leur demande en ligne, une version papier de la demande est disponible au centre administratif (84-88, avenue du Général-Leclerc).