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Emploi

Mobilisation générale pour l’emploi

À Pantin comme ailleurs, la reprise économique, plus timide que prévu à l’issue du confinement, laisse craindre une prochaine envolée du nombre de demandeurs d’emploi. Si la lutte contre le chômage est une compétence pleinement dévolue à l’État, Est Ensemble et la ville jouent leur partition afin de mobiliser toutes les forces du territoire en présence.

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Extrait du dossier " Mobilisation générale pour l'emploi " réalisé par Christophe Dutheil, Guillaume Gesret, Hana Levy et Anne-Laure Lemancel, publié dans Canal n°290, octobre 2020.

En cette rentrée 2020, la météo s’annonce particulièrement tourmentée sur le front de l’emploi. L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) estime que 715 000 postes ont été détruits dans le pays sur les six premiers mois de l’année. Air France, Auchan, Boiron, Bridgestone, Renault, Nokia, Valeo... pas une semaine sans qu’un plan social d’envergure, entraînant la destruction de centaines d’emplois, soit annoncé.
En Île-de-France aussi, tout laisse à penser que nombre d’entreprises, souffrant de la pandémie, cherchent à réduire leur masse salariale ou à geler provisoirement leurs projets de recrutements. L’Insee pointe ainsi la disparition de 103 000 emplois sur les trois premiers mois de l’année, affectant particulièrement les intérimaires (52 000 postes en moins). L’institut souligne également que tous les départements de la région sont impactés de façon assez homogène.

Des conséquences directes
Localement, les premiers signaux sont inquiétants. « Le taux d’occupation de notre hôtel est de 30 % en septembre, contre 80 à 85 % il y a un an », s’alarme Olivier Boulch, directeur de l’hôtel Mercure Paris Porte-de-Pantin. Non loin de là, au Vertigo, restaurant adossé au Ciné 104, Farid Bourouaha, le gérant, n’est guère plus optimiste : « Notre activité et notre chiffre d’affaires se sont effondrés de 60 à 70 % depuis mars et la reprise de la consommation semble aujourd’hui beaucoup trop modeste. » La situation paraît également compliquée pour des entreprises a priori moins tributaires de la fréquentation du public, à l’image du spécialiste francilien de l’insertion Ares. « Notre activité, principalement de la logistique et du recyclage, a chuté de 70 % dans nos 13 centres qui emploient plus de 800 salariés », détaille Fabien de Castilla, directeur général délégué de ce groupe dont le siège social est installé à Pantin.
Pour faire face à la crise annoncée, l’État, dont le bras armé en la matière est Pôle emploi, reste en première ligne. Mais, au niveau local, Est Ensemble, via ses trois Maisons de l’emploi, dont celle de Pantin, est aussi sur le pont : publication d’annonces, ateliers de rédaction de CV et de lettres de motivation, organisation de forums, de jobs dating et d’opération de recrutement pour le compte d’entreprises...

Les jeunes en première ligne
Il reste malgré tout beaucoup à faire pour répondre aux enjeux actuels, si l’on en croit Laurent Gaillourdet, directeur de la Mission locale de la Lyr. Installée à Pantin, cette association a pour principale mission d’accompagner les moins de 25 ans dans la définition et la réalisation de leur projet professionnel. « Au cours de ces dernières années, nous avons été contraints financièrement de raboter tout ce qui touchait à l’action sociale pour nous concentrer essentiellement sur l’accès à l’emploi et aux formations qualifiantes, explique ce spécialiste. Or, la pandémie est venue renverser la table et nous contraint à nous poser de nouveau des questions aussi essentielles que l’accès à l’alimentation ou à un ordinateur. »
Face à l’ampleur – pas encore chiffrée – des besoins, cet expert espère beaucoup du plan gouvernemental « #1 jeune, 1 solution ». Dévoilé fin juillet, il est doté d’une enveloppe budgétaire de 6,5 milliards d’euros et vise à remettre les jeunes sur le chemin du travail. En Île-de-France, la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) envisage de verser aux entreprises et associations qui recruteront un jeune de moins de 26 ans une compensation de charges de 4 000 euros, ainsi que des aides ponctuelles de 5 000 et 8 000 euros à celles qui signeront un contrat avec un alternant.
« On ne sait pas encore si ces mesures inciteront réellement les sociétés à recruter, tempère Laurent Gaillourdet. Pour l’instant, les retours font plutôt état d’un gel des contrats d’apprentissage. » Guénaël Jansen, prévôt (directeur) de la Maison des Compagnons du devoir de Pantin, reste lui aussi très prudent : « Toutes nos formations sont dispensées en alternance et nous avons constaté à la rentrée une baisse du nombre de postes sur des métiers liés au luxe, comme la maroquinerie. »

L’insertion, une solution
Avec les jeunes, ceux qui sont très éloignés de l’emploi – chômeurs de longue durée, allocataires du RSA, personnes sorties du système scolaire sans qualification… –  semblent être particulièrement touchés par la crise. Et c’est là que la ville intervient. Depuis 2016, Pantin fait en sorte de prévoir une clause d’insertion sociale dans plus d’un tiers de ses marchés publics. Elle contraint ainsi ses prestataires à réserver 5 à 10 % des heures travaillées à des personnes qui peinent à se remettre en selle. « Depuis le début de la crise sanitaire, certaines entreprises croient, à tort, que compte tenu du contexte, elles seront exonérées de leurs engagements, déplore Mireille Kette-Yele, en charge de faire appliquer les clauses sociales pour le compte de la ville. Or, c’est impossible, sauf en cas de très grandes difficultés. » Une fermeté essentielle : en 2019, plus de 35 000 heures de travail en insertion ont été réalisées par 88 personnes. Six d’entre elles se sont même vu proposer un CDI.

 

3 QUESTIONS À…

Salim Didane, adjoint au maire délégué au Développement territorial, à l’Emploi, à la Formation et à l’Économie sociale et solidaire.

Quelles sont vos missions et comment s’articulent-elles avec celles du territoire Est Ensemble ?
Salim Didane : Mon travail vise à participer au renforcement de l’attractivité économique de la ville et à créer les conditions propices à l’arrivée de nouvelles activités utiles aux Pantinois, tout en contribuant à la transition écologique et sociale dont nous sommes porteurs. Si la compétence emploi a été transférée vers Est Ensemble, la ville a jugé bon de conserver une vision et des actions sur le sujet. Et c’est essentiel ! La réalité du terrain n’est en effet pas du tout la même à Pantin, à Noisy-le-Sec ou à Montreuil. Nos différences doivent être prises en compte et nous devons être en capacité de les faire valoir  à l’échelle d’Est Ensemble.

Mais que peut faire la ville pour développer l’emploi ?
S.D. : À Pantin, nous avons de nombreux atouts avec un tissu économique varié. Je crois que nous pouvons renforcer l’engagement des entreprises, notamment les grandes, dans leurs liens avec la ville par le recrutement local. Pantin accueille aussi un grand nombre d’institutions et d’organisations de l’économie sociale et solidaire qui travaillent sur l’emploi. Nous pouvons donc faciliter les rencontres et initier  des coopérations fertiles auxquelles nous réfléchissons déjà. Nous organiserons ainsi, en 2021, des Assises de l’insertion. Y seront invités aussi bien des entreprises privées que des acteurs publics et associatifs.

La ville a-t-elle d’autres projets en la matière ?
S.D. : Bien sûr ! Nous allons tenter de nous saisir des opportunités créées par le plan de relance gouvernemental pour aider des activités génératrices d’emplois dans le domaine de la transition énergétique à s’implanter. Pantin devrait aussi participer très prochainement à une expérimentation appelée Territoires zéro chômeur de longue durée, visant à ouvrir de nouveaux postes répondant aux besoins des différents acteurs du territoire. Et puis, avec la Mission locale, nous allons devoir redoubler d’efforts pour faire face à la crise qui s’annonce plus difficile pour les jeunes.

Deux millions d’euros pour booster l’économie locale

Est Ensemble lance un plan de relance de deux millions d’euros à destination des TPE/PME, commerçants, associations et acteurs du secteur culturel du territoire qui ont vu leur activité baisser du fait de la crise de la Covid-19.

Deux mesures pour faire face à l’urgence  

  • Pour répondre aux besoins immédiats de trésorerie des entreprises, un fonds d’urgence résilience est doté de 600 000 €. Il permettra d’octroyer des avances à taux zéro, de 10 000 à 100 000 euros, remboursables en trois fois et de manière différée.
  • Un montant de 140 000 € est affecté à l’annulation de trois mois de loyer des entreprises hébergées dans les équipements économiques, culturels et sportifs d’Est Ensemble ainsi qu’à la réduction de la redevance des restaurants implantés dans les cinémas.

Trois dispositifs de relance

  • Une enveloppe de 500 000 € est spécialement destinée au développement économique des quartiers populaires. Ce montant a pour but de financer les projets d’entreprises, d’associations ou de particuliers ayant un impact réel sur la vie des habitants. La subvention d’investissement de 10 000 € minimum peut couvrir jusqu’à 80 % des dépenses d’installation.
  • Un fonds de 450 000 € est destiné aux structures de l’économie sociale et solidaire et aux entreprises ayant un objet social et environnemental. Les dotations sont comprises entre 10 000 et 30 000 €.
  • Un budget de 300 000 € est alloué aux structures de 0 à 50 salariés du spectacle vivant, de l’audiovisuel, des médias, du livre ou des arts graphiques. Les dotations s’élèvent de 3 000 à 30 000 €.

Un accompagnement sur la durée

Une aide de 100 000 € est consacrée aux structures membres du réseau des acteurs économiques du territoire : accompagnement des projets financés par Est Ensemble, renforcement du dispositif Ellipse d’accès à la commande publique locale, mobilisation du service d’accompagnement ressources humaines d’Est Ensemble pour les entreprises de moins de 50 salariés, reprise des programmes Elles Ensemble et 48 heures pour entreprendre.

Pour plus de renseignements :
Par téléphone : 0 800 73 20 14,
Du lundi au vendredi : 9.30-12.30/14.00-18.00 ;
Par mail : deveco@est-ensemble.fr

Carnet d'adresses : 

> La Mission locale de la Lyr
Cette association, hébergée à la Maison de l’emploi, épaule les moins de 25 ans dans la définition et la réalisation de leur projet professionnel.
7-9, rue de la Liberté - 01 49 15 38 00

> La Maison de l’emploi
L’établissement, géré par Est Ensemble, accompagne les entreprises en phase de recrutement et les demandeurs d’emploi. Pour cela, elle rassemble différents services publics de l’emploi, mais aussi des associations et des organismes d’appui à la création d’entreprise.
7-9, rue de la Liberté - 01 83 74 56 30 / 01 49 15 38 00

> Le PLIE
Le Plan local pour l’insertion et l’emploi, porté par l’association Ensemble pour l’emploi et co-financé par Est Ensemble, assiste dans leurs recherches les personnes les plus éloignées du monde du travail, tels les chômeurs de longue durée, les allocataires du RSA et les jeunes de moins de 26 ans ayant un faible niveau de qualification.
100, avenue Gaston-Roussel, à Romainville - 01 84 74 02 60

> Le pôle RSA
Au sein de la Maison de l’emploi,  ce service de la ville suit les allocataires et leur permet de participer à des initiatives collectives (ateliers de recherche, formations, sessions de recrutement, découverte des métiers...).
7-9, rue de la Liberté - 01 49 15 38 00