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Citoyenneté

3e partie - 2020-2026 : un mandat au service des Pantinois

Ce mois-ci, Canal poursuit sa série de portraits consacrés aux élus de la ville de Pantin, issus de la liste La gauche et l’écologie pour Pantin, élue le 15 mars lors du premier tour des élections municipales.
Article de Christophe Dutheil et Guillaume Gesret, publié dans Canal n°291, novembre 2020.

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Ils prennent leurs fonctions à Est Ensemble

Dans le troisième volet de notre feuilleton consacré aux nouveaux élus, présentation pour commencer de ceux qui siègent au conseil de territoire. Désormais présidé par Patrice Bessac, maire de Montreuil, Est Ensemble est l’une des principales intercommunalités de la Métropole du Grand Paris. Fédérant neuf villes, dont Pantin, il a notamment pour compétences le développement urbain et économique, la gestion des déchets, des cinémas et des piscines.
Au sein de l’exécutif territorial, les représentants de chaque commune ont été élus par les conseils municipaux installés à l’issue des élections de mars. Leur nombre est proportionnel à la population de leur ville. Onze élus pantinois viennent ainsi de rallier la nouvelle équipe de 80 membres, dont deux en tant que vice-présidentes et deux en qualité de conseillers territoriaux délégués. Article de Christophe Dutheil, publié dans Canal n°291, novembre 2020. 

Nathalie Berlu

« L’économie sociale et solidaire (ESS) est, pour moi, l’économie de demain. On ne pourra pas faire sans elle, particulièrement dans des périodes telles que celle que nous vivons actuellement. Les neuf villes d’Est Ensemble ont la chance d’accueillir sur leur sol un très grand nombre d’acteurs – des entreprises et des associations – de l’ESS. Nous devons donc nous appuyer sur leurs expertises afin de susciter des initiatives de futurs entrepreneurs, et notamment des jeunes,  pour que le développement économique soit synonyme de mieux-être pour tous les habitants. »

Nadia Azoug

« L’une de mes tâches sera de faire en sorte que l’on aille rencontrer au maximum les habitants et que nous écoutions ce qu’ils ont à nous dire, aussi bien sur des sujets stratégiques, comme la création d’une régie publique de l’eau, que sur des projets d’aménagement ou la création d’équipements. Les outils numériques seront les bienvenus. Mais nous allons aussi multiplier les visites de terrain, de manière à ce que toutes les franges de la population puissent être entendues. »

Julie Rosenczweig

« Conseillère municipale déléguée au Renouvellement urbain des Quatre-Chemins lors du précédent mandat, je suis particulièrement sensible aux problématiques d’aménagement et de développement des écoquartiers. Je souhaite contribuer à promouvoir, à Pantin, qui mène actuellement un projet majeur d’écoquartier aux Quatre-Chemins, et dans les huit autres villes du territoire, le développement de ces secteurs conçus et aménagés en intégrant les principaux enjeux du développement durable. Pour moi, concevoir, construire et gérer la ville durablement est une priorité. » 

François Birbès

« On m’a proposé cette délégation parce que je connais bien Est Ensemble – j’ai déjà été vice-président en charge des Finances – et qu’il y aura beaucoup de travail sur les problématiques liées à l’habitat indigne à Pantin. Je suis en effet adjoint au maire délégué au quartier des Quatre-Chemins et la lutte contre ce fléau y est une priorité. Les autres villes du territoire connaissent hélas des difficultés comparables et nous avons intérêt à continuer à œuvrer ensemble pour trouver des solutions et des financements. Durant ce mandat, le combat contre l’habitat indigne va être renforcé. »

Sept autres élus pantinois siègent au conseil territorial : Bertrand Kern (également conseiller métropolitain), Alice Nicollet, Françoise Kern, Mathieu Monot, Pierric Amella, Vincent Loiseau, Nadège Abomangoli.

S’employer au développement local

Salim Didane, adjoint au maire délégué au Développement territorial, à l’Emploi, à la Formation et à l’Économie sociale et solidaire, et Zora Zemma, conseillère municipale déléguée au Développement du commerce et à la Qualité des marchés forains, font équipe au sein d’un pôle dédié au développement économique et à l’emploi.

Salim Didane : agitateur d’idées

Salim Didane se définit comme un activiste de l’écologie et de l’égalité. « L’écologie est indissociable de sa vocation sociale. Elle permet de lutter contre les inégalités », pose-t-il en préambule. Ce credo, il l’a mis en application, dès 2003, en s’investissant dans la création, à Pantin, de la première AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) d’Île-de-France. « Ce modèle émergeait à peine en France. Nous l’avons développé. D’autres initiatives de l’économie sociale et solidaire ont suivi. » C’est que Salim Didane s’est également mobilisé au sein de l’association Ecobul pour « fédérer une communauté agissante, porteuse d’initiatives durables et responsables ».
Ce militant dans l’âme aime « remuer » au sein des collectifs. « Je me suis impliqué sur les questions relatives à l’éducation. Avec d’autres parents d’élèves de Seine-Saint-Denis, nous nous sommes battus pour obtenir davantage de moyens pour l’école publique. En 2010, nous avons même porté plainte contre le ministre de l’Éducation de l’époque, Luc Chatel. »

« Créer de nombreux emplois »
Aujourd’hui, Salim Didane fait ses premiers pas en politique. « C’est la suite logique de mon itinéraire. J’ai construit ma carrière professionnelle et mes combats dans le milieu associatif. La politique est une manière de faire bouger les choses à un autre niveau. » Le nouvel adjoint souhaite ainsi promouvoir les acteurs de la mode responsable, de l’alimentation durable, de la transition énergétique et de l’insertion, un secteur auquel des assises seront dédiées en 2021. « Cette économie de la sobriété et de l’inclusion devrait créer de nombreux emplois qui profiteront aux Pantinois. »
Pour atteindre ses objectifs, il se place comme un facilitateur, capable de mettre en relation, de recueillir les idées et de co-construire un écosystème qui réunit les acteurs du privé et du public.

Zora Zemma : la bosse du commerce

En retraçant son parcours, Zora Zemma se rend compte qu’elle a, de tout temps, été une citoyenne engagée. « J’ai toujours aimé défendre les autres. Au collège déjà, j’étais déléguée de classe », sourit-elle. Celle qui a grandi à Lyon se décrit comme une fille de prolétaires ayant observé les injustices sociales avant de les combattre. Convaincue que les citoyens doivent – et peuvent – prendre leur destinée en main, Zora Zemma s’est engagée au PS à l’âge de 18 ans. « Quand François Mitterrand a gagné les présidentielles en 81, j’ai sauté dans un train pour fêter la victoire à la Bastille. »
Ses engagements l’amènent à débuter sa carrière dans le domaine de l’insertion par l’activité économique aux côtés de jeunes de la cité des Minguettes à Vénissieux. Quand elle devient mère de famille, installée à Pantin, elle s’engage au sein de la FCPE pour défendre l’école publique.

« Faire ses courses à pied »
Depuis 2016, elle est conseillère municipale déléguée au Développement des commerces. « Ce domaine m’intéresse car c’est un levier pour créer de l’emploi local. J’accompagne les porteurs de projet et je passe mon temps à mettre les gens en relation pour qu’ils développent leurs affaires. » Elle veille aussi, à travers les trois marchés forains de la ville et l’attribution des coques commerciales vides situées en rez-de-chaussée des nouveaux immeubles, à diversifier l’offre et à la revitaliser dans tous les quartiers. « Pour moi, une ville devient agréable quand on dispose d’un choix de proximité et que l’on peut faire ses courses à pied à moins de dix minutes de son domicile. »

 

Pas de quartier contre les inégalités !

Leïla Slimane, adjointe au maire déléguée à la Vie des quartiers, à la Politique de la ville et à la Vie associative, et Hawa Touré, conseillère municipale déléguée à l’Égalité femmes-hommes et à la Lutte contre les discriminations, partagent le même panache dès lors qu’il s’agit d’améliorer la vie des habitants dans les quartiers. Ensemble, elles forment un pôle consacré à toutes les égalités et à la citoyenneté.

Leïla Slimane : l’énergie militante

« Ce qui pourrait me définir serait sûrement l’audace, j’aime bousculer les choses pour avancer et surprendre », prévient Leïla Slimane. Sa vie en témoigne. De retour en France après avoir passé quelques années à Alger durant la « Décennie noire », elle n’a cessé de se battre pour devenir une femme libre, reprendre ses études et passer les concours de la fonction publique. « Après une période difficile, l’ascenseur social a fonctionné et m’a permis une certaine réussite. J’en suis fière. »
En 2012, elle s’engage pour la première fois en politique. Elle rejoint alors la section du PS à Pantin où elle ne connaît pas grand monde. Son franc-parler et son énergie attirent l’attention. Dès 2014, Bertrand Kern lui confie la délégation à l’Enfance.
Professionnellement, après quelques années auprès d’élus du département, dont Gérard Cosme, Stéphane Troussel et Laurent Baron, elle aspire aujourd’hui à poursuivre son parcours au service de l’intérêt général. « À 48 ans, je quitte la vie très intense des cabinets pour reprendre le fil de ma carrière comme cadre dans la fonction publique », annonce-t-elle.

« Développer des initiatives dans les quartiers prioritaires »
Nouvelle délégation, nouveaux projets… sa soif d’action politique reste intacte : « Nous commençons le mandat en augmentant les subventions aux associations pour les aider à faire face à la crise sanitaire. J’invite également les bénévoles à travailler davantage ensemble. Je souhaite enfin mettre à l’honneur tous ceux qui œuvrent dans l’ombre et qui font vivre les associations. » Au sujet de la politique de la ville, qui vise à restaurer l’égalité républicaine et à améliorer les conditions de vie dans les quartiers populaires, l’élue encourage les associations et les collectifs d’habitants à répondre davantage aux appels à projets. « Il existe des budgets en Seine-Saint-Denis pour développer des initiatives dans les quartiers prioritaires. »
Leïla Slimane aimerait également changer l’image des maisons de quartier. « L’idée selon laquelle elles seraient faites pour aider les personnes en grandes difficultés est complètement fausse ! Les maisons de quartier appartiennent à tous les Pantinoises et Pantinois. »

Hawa Touré : rétablir l’égalité des chances  

« J’ai envie de prendre la parole ! Je ne veux pas que quelqu’un parle à ma place », répond Hawa Touré lorsqu’on lui demande la raison pour laquelle elle s’est engagée au sein de l’équipe de Bertrand Kern. Cette femme de 39 ans a le tempérament d’une militante. Dès qu’elle en sent l’urgence, elle manifeste dans la rue pour dénoncer les violences policières et le racisme, autant que pour affirmer la place des femmes et des homosexuels dans la société. « Ma première mobilisation remonte au lycée : nous avions défendu une camarade sans papiers menacée d’expulsion. »
Hawa Touré parle haut et agit concrètement. En 2015, elle fonde l’association Pierre de Lune dans le quartier de son enfance, les Courtillières, pour « donner accès à la culture aux filles et aux mamans du quartier ». « Quand je suis devenue attachée de presse dans une agence de communication parisienne, j’ai constaté que je n’avais pas les codes pour m’intégrer pleinement dans ce milieu. Moi qui ai grandi dans une cité, dans une famille d’origine malienne, j’ai dû combler le fossé culturel qui me mettait à distance de mes collègues. »

« Donner des outils juridiques aux Pantinois »
Aujourd’hui, Hawa Touré est devenue cheffe dans un restaurant parisien et trouve le temps d’être conseillère municipale déléguée à l’Égalité femmes-hommes et à la Lutte contre les discriminations. « Durant ce mandat, j’aimerais que les femmes de Pantin disposent de lieux dans l’espace public pour se retrouver et être accueillies. » La nouvelle élue désire également dire aux populations discriminées que la loi française les protège. « Nous devons donner des outils juridiques aux Pantinois qui sont écartés lors de leur recherche d’emploi et de logement en raison de leurs origines, de leur sexe ou de leur âge… »

Bien dans sa ville, bien dans son logement

La question de l’habitat mobilise, au sein d’un pôle dédié, Emma Gonzalez Suarez, adjointe au maire déléguée au Logement, et Nathalie Berlu, conseillère municipale déléguée à la Qualité et à la Diversité de l’habitat. Les deux femmes, qui vivent à Pantin depuis plus de 25 ans, constatent que le parcours résidentiel y est semé d’embûches. Pour faire face à la montée des prix de l’immobilier, à la faible rotation dans le parc social et au problème de l’habitat indigne, elles ne sont pas avares de solutions.

Emma Gonzalez Suarez : le logement pour tous

Emma Gonzalez Suarez vit à Pantin depuis plus de 25 ans. Comme beaucoup d’élus, elle s’est d’abord engagée au sein d’une association de parents d’élèves pour accompagner ses enfants dans leur scolarité. Dorénavant, elle se mobilise sur le terrain politique. « J’ai adhéré au Parti radical de gauche en 2010 pour défendre les valeurs de laïcité et d’humanisme qui me sont chères. »
Aujourd’hui, celle qui a grandi à Goussainville dans le Val d’Oise a accepté de devenir adjointe au maire déléguée au Logement. « La ville est très attachée à l’accompagnement des locataires dans leur parcours résidentiel. Avec les bailleurs et le Fonds solidarité logement, nous les aidons à traverser certaines difficultés de la vie. Le logement est une question centrale pour les Franciliens et je crains qu’avec la crise sociale et économique que nous traversons, la situation ne devienne encore plus tendue. »

« Une part de logements sociaux dans chaque nouveau programme »
Emma Gonzalez Suarez a d’ores et déjà commencé à recevoir les Pantinois qui attendent un logement social. « Je dois faire preuve de pédagogie car le nombre de demandes est bien supérieur au nombre de logements vacants et il y a très peu de rotations. C’est pourquoi la municipalité contraint les promoteurs à réaliser une part de logements sociaux dans chaque nouveau projet immobilier. Dans notre ville, ce type d’habitat représente ainsi 38,69 % des résidences principales. Nous développons également des programmes d’accession sociale à la propriété. » Et Emma Gonzalez Suarez de conclure par un regret : « L’offre de logements sociaux serait bien supérieure si toutes les villes menaient la même politique que la nôtre. Hélas, elles préfèrent bien souvent payer des pénalités plutôt que de respecter la loi… »

Nathalie Berlu : l’engagement pour philosophie

Nathalie Berlu s’est engagée aux côtés de Bertrand Kern dès la première heure. Elle est en effet élue depuis qu’il a pris les commandes de l’hôtel de ville en 2001. « Bertrand Kern porte une vision ambitieuse pour Pantin : force est de constater qu’en 20 ans la commune s’est renouvelée. Aujourd’hui, la plupart des Pantinois sont fiers de leur ville. » Après s’être occupée de la Culture et de la Vie associative, la quinquagénaire s’empare d’une nouvelle délégation dédiée à la Qualité et à la Diversité de l’habitat.
Nathalie Berlu, qui est aussi vice-présidente du territoire Est Ensemble, connaît parfaitement les enjeux de la petite couronne parisienne. Elle a grandi à Champigny-sur-Marne, vécu aux Lilas et au Pré-Saint-Gervais, avant de poser ses valises à Pantin en 1995. Aujourd’hui, cette mère de deux grands enfants constate que le parcours résidentiel se complique pour les jeunes générations. « Nous devons aider ceux qui souhaitent rester à Pantin à trouver une offre de logements adaptée à leurs besoins. »

« Éradiquer l’habitat indigne »
Face au prix du mètre carré qui, ces dernières années, a augmenté le long du canal, notamment dans ce qui est désormais appelé le triangle d’or, cette professeure de philosophie défend des mesures visant à diversifier l’offre de logements, et ce, afin de s’adapter à tous les budgets. « Pantin doit être un laboratoire de solutions innovantes. Rue Lakanal par exemple, nous expérimentons le bail réel solidaire, une nouvelle forme d’accession à la propriété à moindre coût. » Elle ambitionne également de réduire l’écart de qualité de l’habitat entre les différents quartiers. « Nous allons poursuivre nos efforts pour en finir avec l’habitat indigne qui, par exemple, persiste aux Quatre-Chemins. Les procédures sont longues et lourdes, mais c’est essentiel. »

Retrouvez le trombinoscope des élus sur le site internet de la ville pantin.fr.